Fin du nucléaire

Einde van kernenergie
Ende der Atomkraft

Lettre aux membres de Fin du nucléaire (FDN)
Lettre n° 29
Le 18 septembre 2019

 

Bonjour,

À ne pas manquer dans la lettre ci-dessous :

 

Sommaire

  • Réunion du CC (comité de coordination)
  • Nucléaire : Marghem et Michel au-dessus des lois (communiqué)
  • L'Écho des atomes
  • Agenda
  • Rappel des cotisations

 

Réunion du CC (comité de coordination)

Invitation à tous les membres en ordre de cotisation à participer à cette réunion du CC de ce jeudi. Lire l'ordre du jour.
Attention : l'heure de début a changé, c'est dorénavant 18 h.

Les ordres du jour et les rapports de toutes les réunions sont disponibles ici : www.findunucleaire.be/lettre/pdf/

 

Nucléaire : Marghem et Michel au-dessus des lois

Communiqué du 30 août 2019, disponible aussi en néerlandais et allemand

Par une loi votée en juin 2015, le parlement belge entérinait le choix du gouvernement Michel et de son ministre de l’Énergie, Marie-Christine Marghem, de prolonger la durée d’exploitation des deux plus vieux réacteurs de la centrale atomique de Doel, dits D1 et D2[i].

Sans doute ces instances imaginaient-elles faire passer cette décision de la même façon que les prolongations de 2003 et 2012, c’est-à-dire sans consultation des citoyens et en ignorant les conventions internationales et le prescrit de la loi. C’était sans compter sur le recours en annulation déposé par les associations Inter-Environnement Wallonie (IEW) et Bond Beter Leefmilieu Vlaanderen (BBL) devant la Cour constitutionnelle, en janvier 2016. Le recours invoque la violation des conventions d’Espoo et d’Aarhus ainsi que de plusieurs directives européennes, la « directive habitats », la « directive oiseaux » et la « directive EIE »[ii]. Il est révélateur du fonctionnement et des pratiques de l’État que, au moment où la convention d’Aarhus était transcrite dans la loi belge en décembre 2002, le gouvernement préparait la première loi de prolongation des réacteurs atomiques, déjà sans aucune consultation de la population.

Lire la suite sur le site de FDN
 

L'Écho des atomes

Extrait de la page www.findunucleaire.be/echo.htm, les dernières brèves :

Le nucléaire n’a jamais été rentable 17 septembre 2019

L’Institut allemand de recherche économique (DIW, Berlin) a publié cet été une analyse de la rentabilité des 674 réacteurs nucléaires jamais construits pour produire de l’électricité (à l’exclusion des réacteurs de recherche), en examinant les conditions politiques et institutionnelles dans lesquelles leur construction a pris place.

La principale conclusion de cette étude est que l'investissement privé n'est pour rien dans la construction d’aucun réacteur. Autrement dit, dans un marché concurrentiel et sans un soutien massif des États, jamais l’industrie n’aurait pu construire le moindre réacteur pour produire de l’électricité. Aujourd’hui rien n’a changé, comme le démontrent aussi les pertes colossales engendrées par la construction des réacteurs de « nouvelle génération » comme l’EPR en France et en Finlande ainsi que l’AP-1000 de Westinghouse aux USA(1).

Les auteurs ont examiné la rentabilité d’un réacteur nucléaire pour différentes valeurs des paramètres du secteur(2), dans le contexte d’un marché libre et non faussé, mais sans inclure certains coûts externes tels que ceux encourus pour le stockage permanent des déchets nucléaires.

Les résultats de la simulation ont montré qu'un investissement pour un réacteur de 1 GW entraîne toujours une perte financière importante dont la valeur moyenne de près de 5 milliards d’euros. Même dans le meilleur des cas, la perte est d’environ 1,5 milliard d’euros. Les hypothèses de calcul sont prudentes : des prix élevés de l’électricité ainsi que de faibles coûts du capital et des investissements spécifiques. L’énergie nucléaire n’est jamais rentable.

Au-delà de la perspective purement économique, il y aurait à tenir compte des externalités et des risques élevés encourus tout au long des processus de la filière nucléaire : notamment la pollution radioactive émise lors de l’extraction de l’uranium mais aussi lors de tous les autres processus, l’occurrence d’un accident majeur, le processus complexe et techniquement exigeant du démantèlement, la question sans réponse de comment stocker les déchets nucléaires fortement radioactifs et le risque de prolifération de la bombe atomique. Une grande partie de ces coûts et risques devront être pris en charge par les citoyens.

L’industrie nucléaire a pu faire l’économie du coût d'une assurance contre le risque d’accident majeur grâce à des conventions comme celle signée à Paris en 1960 par la plupart des dirigeants de pays européens. Si elle devait prendre une telle assurance, le coût de l’électricité nucléaire serait multiplié par 100.

Pour toutes ces raisons, l’énergie nucléaire n’est pas une option pertinente pour fournir à l’avenir une énergie bon marché, respectueuse du climat et durable. « L’énergie nucléaire pour la protection du climat » est une vieille antienne qui est aussi inexacte aujourd’hui qu’elle l’était dans les années 1970.

  • (1) Fin juillet 2017, dans l’État de Caroline du Sud (USA), la construction de deux réacteurs AP-1000 a été abandonnée pour des raisons de dépassement de coût et de rentabilité impossible à atteindre, bien qu’ils soient déjà à moitié construits et que 5 milliards de dollars aient déjà été investis. L’EPR de Flamanville, s’il n’est jamais achevé, coûtera au moins 15 milliards d’euros au lieu des 3,5 prévus, avec au moins 10 ans de retard sur le calendrier, et ne sera jamais rentable.
  • (2) Prix de gros de l’électricité, coûts de construction par kilowattheure, le coût moyen pondéré du capital (CMPC – WACC), le coût de la maintenance et le coût du combustible.

Lire le rapport de l'étude (en anglais, 9 pages, PDF).

Nouveaux défauts dans les centrales françaises 10 septembre 2019

Ce mardi, EDF, le géant français du nucléaire, a annoncé avoir observé des défauts de soudure sur des équipements en service dans certaines de ses centrales nucléaires ainsi que sur du matériel neuf, pas encore installé. La bourse de Paris a réagi aussitôt en faisant chuter de 6 % l’action d’EDF déjà en quasi-faillite et dont la dette brute s’élevait en 2018 à 69 milliards d’euros .

Lire :

L’exploitation des centrales est à la hauteur de leur fabrication comme le montre cet article du Canard enchaîné du 11 septembre 2019 : Une vénérable centrale nucléaire se noie dans les problèmes de robinets.

Illustration : Fabienne Loodts, Kairos.

À chacun son compteur 9 septembre 2019

En Wallonie du moins et si l’on s’en tient au chapitre Énergie de la déclaration de politique régionale du Gouvernement wallon 2019-2024 : « En ce sens, le décret sur les compteurs communicants sera réexaminé afin de laisser le libre choix individuel ». Dans ce même chapitre, on note aussi un progrès sur l ’accès à l’énergie et les compteurs à budget prépayé  : « Afin de renforcer l’accès à l’énergie, le Gouvernement mènera une action pour réduire la précarité énergétique, afin d’éviter les coupures et garantir la fourniture d’une quantité suffisante d’énergie à un prix acceptable. Le Gouvernement étudiera la possibilité d’un recours effectif pour le client résidentiel menacé de coupure. Les compteurs à budget prépayé en gaz et électricité seront évalués et leur utilisation sera limitée dans les cas où leur pertinence est démontrée  ».

Les recours en justice du « Collectif STOP compteurs communicants » contre les législations wallonne et bruxelloise(1) ne sont pas pour rien dans ce retournement dont on attend avec impatience la traduction juridique. En attendant, le recours suit son cours. Gageons que la Région bruxelloise s’inspire de cette évolution et ne tarde pas à suivre.

(1) Voir www.stopcompteurscommunicants.be

Les bonnes habitudes de Mme Marghem 6 septembre 2019

Les 30 millions d’euros annuels du «  Fonds de transition énergétique » viennent d’être attribués par la ministre de l’Énergie à des projets de recherche selon des axes thématiques qu’elle a fixée «  conformément à l’article 3, §1 er de l’arrêté royal du 9 mai 2017 fixant les modalités d’utilisation du Fonds ». Parmi ces axes, on n’est pas vraiment étonné de trouver l’énergie nucléaire, qui n’a pourtant pas de rapport avec la transition énergétique(1). De fait, il y a un an, via ce même fonds, la ministre avait offert 9,7 millions à la rechercher nucléaire malgré l’assurance qu’elle avait donnée que les projets de cette filière seraient exclus(2).

Pour rappel, ce fonds est provisionné annuellement par la redevance d’Engie-Electrabel liée à la prolongation de 40 à 50 ans des réacteurs Doel 1 et 2 (20 millions par an – les 20 millions de 2016 ont été reportés sur les années 2017 et 2018). L’arrêté stipule que «  Sur proposition du ministre, il est décidé au plus tard le 31 mai de chaque année de l’octroi d’une aide aux projets présentés ». C’est avec plus de trois mois de retard que les projets ont été sélectionnés, ce qui a occasionné nombre de difficultés aux porteurs de projet(3).

Cette année, cinq projets liés au nucléaire ont été retenus et concernent notamment le démantèlement des centrales et le stockage des déchets. Malgré les progrès de la ministre, ces 5 projets se voyant attribuer 2,4 millions d’euros, soit nettement moins que l’année précédente, ce nouveau cadeau aux actionnaires d’Engie-Electrabel est inadmissible.

Photo (Belga) : Mme Marghem en bonne compagnie, sans doute en route vers la centrale de Doel.

 

Agenda

Extrait de www.findunucleaire.be/agenda.htm :

Du 12 au 22 septembre 2019, Bruxelles

La Mémoire des arbres
Au Théâtre national Wallonie-Bruxelles, Cycle Ghost Road.
Fabrice Murgia, Cie Artara - Dominique Pauwels, LOD muziektheater

L’équipe artistique a foulé les terres hostiles de Russie afin de percer le secret d’une ville passée sous silence après une catastrophe environnementale d’envergure. Un spectacle qui livre l’inavouable en musique et poésie.

Une ville entière sous silence. Il ne s’agit pas d’une ville fantôme, des milliers de personne y vivent. Classée ville secrète lors de sa construction pendant la guerre froide, Oziorsk n’apparaissait sur aucune carte de Russie. En 1957 survient un accident nucléaire d’une rare intensité. Les autorités cachent cet événement jusque dans les années 90 et imposent une chape de plomb à la population qui subit une catastrophe environnementale et humaine inouïe et en préserve le secret, contrainte et forcée. Reste la mémoire des arbres, celle des consciences qui se dressent et dénoncent…

Info et réservation : www.theatrenational.be

Dans le cadre de ce spectacle, le dimanche 22 septembre aura lieu une journée thématique :

Du 17 septembre au 10 octobre 2019, 20 h 30, Bruxelles

Les enfants
Un spectacle de Lucy Kirkwood au Théâtre de Poche

Dans un petit chalet de la côte britannique, Hazel et Robin, un couple d’ingénieurs en nucléaire à la retraite, vivent paisiblement. Le cataclysme mondial qu’ils ont traversé a décimé une partie de la population, mais n’a pas l’air d’avoir trop affecté leur existence. Ils sont anglais. So British.

Même si la nourriture est suspecte, l'électricité rationnée, et qu’il faut se vérifier les radiations avec un compteur Geiger, même s’ils saignent facilement du nez, ils conservent un semblant de normalité : Robin est fermier, tandis que Hazel pratique le yoga.

Quand Rose, une ancienne collègue qu’ils n’ont pas vue depuis 38 ans, se présente soudainement à leur porte, leur vie et leur couple vont s’en trouver perturbés…
Les Enfants -qui traite finalement de la fonction des aînés au sein de la collectivité- réussit la gageure d’être une pièce de sens et une comédie hilarante. Créé triomphalement au Royal Court à Londres, puis repris à Broadway, le spectacle a croulé sous les hommages et vient de recevoir le Prix de la meilleure pièce aux Writers Guild Awards 2018.

Info et réservation : www.poche.be

Mardi 15 octobre 2019, 20 h, Sart-Lez-Spa

Les impacts sociaux, économiques et sanitaires de la 5G et des compteurs communicants (dits « intelligents »).
État des lieux de l’électrosmog.

Avec Alexandre Penasse, rédacteur en chef du journal Kairos, et Francis Leboutte, ingénieur civil, membre des asbl Grappe et Fin du nucléaire.

À la salle « La Grange », place du Marché à Sart-Lez-Spa.
 

Rappel des cotisations

Merci de virer votre cotisation annuelle si vous ne l'avez pas encore fait (si c'est le cas, vous avez reçu en principe un rappel personnalisé par courriel).
Pour le payement, voir www.findunucleaire.be/#adherer

 

Pour le comité de coordination de Fin du nucléaire,
Francis Leboutte

Fin du nucléaire, rue de la Charrette 141, 4130 Esneux
www.findunucleaire.be
info@findunucleaire.be
T. : 04.277.06.61

Les archives de la lettre des membres : www.findunucleaire.be/lettre