Et si un pays était anéanti par un accident nucléaire ?

Et si le Grand Duché était rayé de la carte après l’explosion de la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine ? À partir de cette hypothèse, ce docu-fiction, disponible ici jusqu’au 19 juillet, amène à réfléchir sur un sujet de société brûlant.

Un accident dans une centrale : le risque zéro n’existe pas (tout le monde l’admet)

Qu’adviendrait-il si mon pays disparaissait, rayé de la carte et rendu invivable, après un grave accident nucléaire ? Une question que s’est posée, en 2016, Nima Azarmgin, citoyen luxembourgeois au moment où le gouvernement du Grand Duché distribuait des pastilles d’iode, réputées prévenir l’apparition de cancers de la thyroïde, à ses habitants. De cette angoisse, les réalisateurs Myriam Tonelotto et Julien Becker ont imaginé An Zéro : comment le Luxembourg a disparu.

Dans ce docu-fiction d’anticipation, des Luxembourgeois paniqués par l’explosion de la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine, fuient leur pays. Quelques années plus tard, on les retrouve dans un camp de réfugiés du sud de la France. À cette trame scénaristique s’entremêlent les réflexions de scientifiques, de philosophes, d’historiens, d’analystes, de juristes, d’assureur… autour des conséquences politiques, sociales et économiques de la disparition d’un État comme le Luxembourg.

Une nouvelle génération d’ignorants ?

Certains ont voulu nous faire croire que les nuages radioactifs s’arrêtaient aux frontières… d’autres essaient aujourd’hui de nous persuader que, vu que les doses sont plus faibles que celles présentes dans la nature, il n’y a aucun danger à disperser des éléments radioactifs dans l’environnement (1).

Heureusement, parfois, l’ampleur de certains évènements nous ouvre les yeux : la loi impose la consultation de la population autour des réacteurs de Doel dans un rayon de 1 000 kilomètres ! Il faut que les habitants fassent connaître leurs préoccupations quant à la prolongation de la durée de vie de ces centrales… leur impact environnemental les concerne donc effectivement !

Avant l’accident de Three Miles Island, avant l’accident de Tchernobyl, avant les accidents de Fukushima, des experts de l’Organisation mondiale de la santé espéraient voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude, solution la plus satisfaisante, à leurs yeux, pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique (2).

Nul doute que leurs souhaits se sont réalisés. Cette génération est maintenant derrière nous, celle qui l’a suivie également, mais les dégâts sont là : notre société est devenue dépendante d’un excès d’énergie facile… et encombrée de ses déchets mortifères.

Il est temps de tourner la page du nucléaire : faisons passer ce message au-delà des membres de Fin du Nucléaire, même au-delà de nos frontières, pour que la jeune génération s’exprime ici (après avoir lu, éventuellement, cette petite note) et ne puisse jamais, elle, être qualifiée d’ignorante sur les risques qu’elle prend.

(1) que ce soit de l’acier contaminé ou d’immenses quantités d’eau contaminée.
(2) OMS, rapport technique n° 151 — Genève, 21-26 Octobre 1957