Le site d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure en France, ce sera :

  • 120 ans de travaux, pour pouvoir enfouir la plus grande partie de la production française de déchets depuis le début jusque maintenant, soit 85 000 m³, pas de place pour la production future !
  • Réversibilité promise en « mode mensonge », en pratique en cas de problème, il ne sera pas possible de retirer les fûts endommagés. Et après 130 ans, on ferme la porte, pour limiter les frais. Mais, sans surveillance, les dégâts seront inévitables dans le futur plus ou moins lointain, vu que les inévitables fuites d’hydrogène dû à l’irradiation, qui vont créer des dégâts chimiques (acides, etc., provoquant des fuites vers les nappes phréatiques), voire des incendies ou des explosions créées par l’hydrogène répandu dans les galeries. Les produits bitumineux sont notoirement inflammables et ne devraient pas se trouver dans ce stockage.
  • 500 hectares occupés au sol.
  • Au moins 25 milliards d’euros provisionnés en 2021, l’Andra estime le coût à 35 milliards, mais le coût total dans 120 ans est impossible à estimer. Le seul point positif, c’est qu’on espère que dans le futur les techniques auront évolué dans le sens de la (vraie) décarbonation et des économies d’énergie.
  • Entre et 724 (au début) et 822 (à la fin en 2146) mégawatts-heures d’électricité en moyenne par jour. Ceci correspond à la consommation de plus de 80 000 familles consommant 3500 Kwh/an.
  • 106 000 tonnes d’acier, soit 14 tours Eiffel (chacune à 7300 tonnes).
  • 6 millions de mètres cubes de béton, soit, en tonnes, plus que la pyramide de Khéops !
    En effet pour retarder l’effondrement des galeries, du béton sera projeté sur les voutes. Du béton qui a une durée de vie très limitée par rapport à la durée de dangerosité des produits. L’effondrement probable limitera l’accès du site aux scientifiques du futur, qui auront peut-être trouvé des nouveaux procédés pour traiter les déchets nucléaires.
  • Des galeries pour 270 km, soit plus de 2 fois la longueur du métro parisien (plus une quantité d’alcôves longues jusqu’à 50mètres pour stocker les déchets de haute activité).
    Ces déchets seront emballés dans des cylindres à parois minces qui irradieront l’eau présente dans l’argile. La décomposition de l’eau par radiolyse conduira à la création d’acides qui dégraderont les contenants à moyen terme.
  • Des remblais équivalents au volume excavé du tunnel sous la manche.
  • Une usine au sol de déballage/remballage de produits extrêmement radioactifs.
  • 2 wagons de chemin de fer par semaine pendant des décennies.
  • L’aération et l’extraction de l’eau s’arrêteront lorsque les portes se fermeront vers 2150…

Tous les chiffres sont ici : les chiffres de l’Andra et le groupe de soutien à Bure (16 dossiers PDF pour 160 pages au format papier !) : téléchargez ce dossier pour comprendre tous les aspects de ce projet démesuré qui durera quasi 150 ans à Bure dans le département de la Meuse. Au moins un wagon de chemin de fer sera traité par semaine, pendant plus d’un siècle, plus de galeries que le métro de paris (270 km et une multitude d’alcôves horizontales de 70 cm de diamètre sur plus de 50 m de long), des risques d’incendie due à l’hydrogène et aux produits inflammables (présence de bitume !), de fuites dans le bassin de la Marne, qui est connecté au bassin de Paris, tromperie sur la « réversibilité », du béton, de l’acier et un gaspillage énorme qui plombera le bilan énergétique et CO² du nucléaire français, des installations de manutention de matières dangereuses au sol pendant un siècle, coût indéterminé car pas provisionné du tout pour les prochains 120 ans, coût qui pourrait atteindre les 100 milliards d’Euros actuels pour la plus grand part à charge de nos descendants ?…..

Et un état policier assez difficile à imaginer pour nous, qui rend la vie très difficile aux habitants, aux militants et aux journalistes qui tentent de visiter les lieux… Un d’eux a été arrêté pour avoir un couteau opinel dans son sac…

Ce n’est pas une solution technique, c’est juste une opération politique pour dire qu’« on a une solution » autre que le stockage en surface ou en subsurface, et surtout qui à long terme ne coûterait plus rien une fois la porte fermée et les déchets « oubliés »… Et quand les physiciens du futur auront trouvé une vraie solution pour traiter ces déchets, ils ne pourront pas les déterrer pour les traiter ou en retirer de l’énergie, ces techniciens du futur auront juste le souci de tenter de colmater les fuites qui risquent de se promener jusqu’à Paris… La couche d’argile n’est, non seulement, pas idéale, mais il y aura production d’acides carboniques et autres (à la suite de l’irradiation de l’eau présente dans l’argile), mais en plus la quantité incroyable de galeries va peut-être la fragiliser encore plus, comme ça s’est passé en Allemagne…

Oui, il y a 160 pages dans le dossier, mais vous pouvez survoler les chapitres et noter les sujets abordés, il y a souvent un résumé à la fin des chapitres !

Et observez les parallèles entre Onkalo en Finlande et Bure !

Et n’oublions pas le scandale de Stocamine, installation de stockage de déchets chimiques dans une mine de sel en Alsace, qui s’avère être un fiasco menaçant les nappes phréatiques de toute une région, malgré les promesses de réversibilité extrêmement difficile à mettre en œuvre.

Nous n’avons pas de certitudes à propos du coût de Cigeo-Bure, ce sera un peu comme l’EPR : 25, puis 35 milliards d’euros (Andra) pour commencer, puis… ?

Personne ne peut évaluer le coût final, quelques dizaines de milliards ont été provisionnées pour les quelques prochaines décennies de ce chantier titanesque, le conditionnement/emballage sur place et le remplissage dureront entre 120 et 150 ans.
Il est probable que le budget dépassera très largement les 30 à 35 milliards d’euros en valeur actuelle officiellement estimés (et non 25 milliards d’euros, cité dans un arrêté ministériel), chiffre qui varie suivant les acteurs concernés, qui sont censés financer l’opération en vertu du principe pollueur-payeur…

Et il est hautement probable que, en douce et sous « secret-défense », les déchets de l’armement nucléaire seront stockés aussi à Bure et payés directement ou indirectement par le client d’EDF…

Comment prévoir les coûts sur une période aussi longue, qui implique des changements technologiques, sociétaux, économiques, monétaires ?

Et en Belgique ? La méthode n’est pas encore définie, enfouissement ou stockage au sol ou en sub-surface ? Le cout est estimé par Engie et le gouvernement Belge à un maximum de 15 milliards d’euros, pour 6 GW, soit le dixième des 60 GW de la France…
De toute façon, les coûts à long terme seront astronomiques et légués aux générations futures !

NOTES :

Le schéma !

Coût : au moins 25 milliards d’euros en 2018 mais vous pouvez voir les estimations à la hausse (35 milliards pour l’Andra…) dans ce PowerPoint très complet sur l’analyse des coûts de Cigéo-Bure !

Lire Le Canard Enchaîné du 25/01/2023 “La poubelle la plus chic de la planète”

Vidéos : Chronique d’un échec annoncé, avec Bernard Laponge
Partie 1 Partie 2

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Une réponse sur “Le site d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure en France, ce sera :”

  1. Extrait de la conference De Bertrand THUILLIER , Ingénieur Agronome, docteur ès Sciences de l’Université de Reims , et professeur à l’université Lille I.
    (Expert indépendant qui met en évidence dès 2012 les failles du projet Cigéo : risques d’incendies, faiblesses dans la conception du projet d’enfouissement à Bure) :
    CIGEO : Chroniques d’un échec annoncé
    Présentation de Bertrand Thuillier , le 22 novembre 2019  à Metz 
    RESUME :
    Combien tout cela va-t-il couter pour que CIGEO atteigne ses objectifs ?
    Il y a eu un premier chiffrage en 2014, en considerant que l’on ne met pas de combustibles usés, que la durée des installations est sur environ 50 ans (…) on arrive a 32,6 milliards, ( Ségolène Royale a considéré que 32 milliards était trop cher : donc on a abaissé a 25 milliards parce que EDF ne voulant pas payer 1/5eme de la provision : On etait partit à 32 , on revient a 25 sans aucune raison valable:
    Est-ce vraiment le cout final de CIGEO ? (…)
    Voici ce que j’avais présenté à la cour des comptes : (…)
    On etait partie d’une base de 32 milliards , il y avait des dépenses des optimisation deja actées : c’etait de passer de 50 alveoles à 22 pour les 2 milliards , on arrive a 35 milliards hors aléas : maintenant si on prend les surcout en terme de volume : les MA-VL, les HAV- L et les combustibles usés on arrive à 105 milliards : (…)si on fait la multiplication par rapport aux 105 milliards, c’est entre 85 et 147 milliards, le tout sans aleas , donc grosso modo on est a environ 100 milliards : il faut plutôt s’attendre a 150 milliards avec les aleas possibles qui sont complexes, c’est quasiment impossible a financer… .

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