Arrêt de l’EPR n°1 de la centrale nucléaire de Taishan

[Image d’illustration: Centrale nucléaire de Tihange, Belgique]

La fuite est survenue à Taïshan, en Chine, sur le premier réacteur de technologie française, de type EPR, à avoir été mis en service dans le monde.
Cette fuite a été détectée il y a plus de 8 mois, EDF insiste sur la fermeture du réacteur depuis le 14 juin date à laquelle le problème a été rendu publique.

Le 30 juillet 2021 « Nucléaire-Mise à l’arrêt du réacteur n°1 de Taishan, EDF prend acte » :
L’exploitant de l’EPR de Taishan, en Chine, a annoncé vendredi sa décision de procéder à l’arrêt du réacteur n°1 de la centrale nucléaire, au sein duquel des fuites de crayons de combustible responsables d’une accumulation de gaz rares ont été détectées.

Cette décision de TNPJVC, responsable de l’exploitation de la centrale et coentreprise détenue par China General Nuclear Power Group – ou CGN (70%) – et par EDF (30%), correspond à ce qui serait fait en France dans la même situation, a rappelé EDF dans une déclaration écrite après avoir pris position en ce sens le 22 juillet.

« EDF reste mobilisé pour apporter son expertise dans la mise à l’arrêt du réacteur », a-t-il ajouté à la suite de l’annonce de la décision par CGN.
Source : Les échos

Le 30 juillet 2021
« Arrêter l’EPR de Taishan-1 est la bonne décision, au vu du risque que fait peser le combustible endommagé sur la sûreté du réacteur. Si les dommages sont suffisamment importants pour déformer des éléments du combustible, ils peuvent compromettre l’insertion des barres de contrôle, ce qui pourrait conduire à un accident nucléaire », analyse Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France.
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« Si un défaut de conception du réacteur ou du combustible était à l’origine de l’incident sur l’EPR de Taishan, cela compromettrait les 4 projets d’EPR européens, qui cumulent déjà les années de retard et les dérapages budgétaires. Les incertitudes à Taishan montrent que la mise en service d’un EPR est loin d’être la lumière au bout du tunnel que l’industrie nucléaire française nous fait miroiter. La filière nucléaire française est encore une fois incapable de tenir ses promesses. Cela prouve que cette technologie n’est pas la solution dans la lutte contre les changements climatiques du fait des temps de construction, de ses coûts exorbitants et de son imprévisibilité », estime Yannick Rousselet.
Source : Greenpeace

Le 22 Juillet 2021 Il fallait arrêter le réacteur, pour savoir si la cause est un défaut de fabrication de quelques tubes, ou une mauvaise composition du combustible, trop de Plutonium ou d’Uranium dans certaines pastilles dans certains tubes, ou alors s’il s’agit d’une erreur de conception qui crée une surchauffe dans une zone précise. On dirait que pour les Chinois la production est passée avant tout, aggravant même l’exposition possible du personnel à des éléments radioactifs lors des opérations de décontamination du circuit primaire, qui est de plus en plus difficile à mesure que le temps passe….
Plus de détails dans « Le Parisien »

Le 14 juin 2021 : « La centrale nucléaire chinoise de Taishan (EPR) présente une «menace radiologique imminente». Le constat viendrait de Framatome, une filiale du groupe français EDF qui a aidé à construire la centrale et en possède toujours des parts, révèle ce 14 juin CNN. Les fuites sont connues depuis plus de 8 mois.
Framatome est une filiale Américaine du groupe français EDF, qui a aidé à construire la centrale et en possède toujours des parts, et doit rendre des comptes aux autorités Américaines. » Source : le Temps (Journal Suisse)

Le 14 juin 2021 : « EDF parle de « gaz rares » qui n’interfèrent pas avec les tissus vivants. ». Rappelons que le radon 222, qui s’échappe naturellement de nos sols, est aussi un gaz rare dit chimiquement inerte, et radioactif.. C’est un produit de la désintégration du radium, ce dernier étant un élément de la chaine de désintégration de l’uranium, qui se termine avec le plomb 206 (stable). On estime que, par inhalation, le radon est responsable de 10% des cancers du poumon en France, devant l’amiante !

C’est donc de la pure désinformation de nous faire croire que puisque ces gaz « inertes » (mais radioactifs) ont peu d’interactions chimiques, il n’y aurait aucun risque lié à la contamination radioactive interne.

Ces gaz se trouvent dans l’eau du circuit primaire, mais lors du processus de « dégazage », il finissent quand-même dans l’atmosphère et peuvent être inhalés.
Source : le blog de Fukushima

Le 15 juin 2021 Cette fuite radioactive sur l’EPR chinois est un billard à trois bandes entre Américains, Chinois et Français. Si l’opacité entretenue par le régime chinois empêche pour le moment de connaître les conséquences précises de la fuite radioactive impliquant l’EPR n°1 de Taïshan, révélée hier 14 juin par CNN, en revanche il est d’ores et déjà possible d’analyser le déroulement de cette affaire et d’en prévoir certaines suites.

La défectuosité de l’étanchéité de gaines de combustibles au sein de l’EPR de Taïshan remonte à octobre 2020, c’est-à-dire qu’elle dure depuis plus de 8 mois : les co-exploitants du réacteur, c’est-à-dire les Chinois et les Français de Framatome, étaient de toute évidence parfaitement conscients de la gravité du problème et avaient conjointement décidé d’en cacher l’existence à la population mais aussi à l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique).

Par chance, l’information a fini par « transpirer » vers la filiale américaine de Framatome (Areva NP Inc). Cette dernière, après de très probables discussions avec la CIA et la Maison blanche, s’est fait un plaisir d’en informer CNN. En effet, maintenant que la situation de l’EPR de Taïshan est connue dans le monde entier, il va être compliqué pour les Chinois de continuer à exploiter ce réacteur dans des conditions qui sont très probablement hors de « son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé », contrairement à ce prétend Framatome (canal Français !) pour ne pas froisser les Chinois. Il est de notoriété publique que la Chine et les USA, les deux plus grandes puissances mondiales, sont en grande rivalité géopolitique et économique.

Il est évident que, si l’EPR n°1 de Taïshan et peut-être son jumeau n°2 devaient être stoppés pour longtemps, ce serait embêtant pour la Chine qui manque par moment d’électricité dans cette région. D’où le « petit plaisir » que se font les Américains en révélant l’affaire. Mais cela resterait tout de même un problème limité pour la Chine où, contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou entendre, le nucléaire est une énergie marginale couvrant moins de 1% de la consommation d’énergie du pays. En revanche, il est très possible que l’industrie nucléaire française soit la grande perdante de cette affaire qui peut représenter un coup fatal pour les projets d’EDF de construire des EPR en France et à l’étranger. En effet, alors que les chantiers EPR organisés par les Français – Areva en Finlande, EDF à Flamanville (Manche) et en Grande-Bretagne – sont de véritables désastres industriels et financiers, les promoteurs du réacteur EPR se raccrochaient désespérément au « bon exemple » chinois. Car les deux EPR de Taïshan ont été construits et mis en service (respectivement en décembre 2018 et septembre 2019) avec « seulement » quelques années de retard et des surcoûts officiellement limités à quelques milliards (selon la communication de la Chine qui, faut-il le rappeler, est une dictature où l’ « information » est totalement contrôlée).
La situation qui a lieu actuellement en Chine montre que, malgré la prétendue maestria des nucléocrates chinois, les EPR de Taïshan ne se portent pas mieux que ceux que les Français tentent désespérément de construire. Cet évènement va assurément semer un énorme doute chez les rares dirigeants étrangers qui envisageaient encore de commander des réacteurs EPR, malgré tous leurs déboires. « 

C’est assurément la goutte qui fait déborder le vase, ou plutôt la fuite radioactive qui fait déborder la cuve (défectueuse) de l’EPR…

De même, cette affaire doit amener les dirigeants politiques français (mais aussi finlandais et britanniques) à prendre enfin leurs responsabilités et à stopper définitivement les chantiers EPR d’Olkiluoto (Finlande), Flamanville (Manche, France) et d’Hinkley Point (Grande-Bretagne), et à cesser d’annoncer de futurs chantiers d’EPR en Inde ou ailleurs. Source : Observatoire du nucléaire

Voir aussi : en France également des assemblages de combustibles endommagés



Et si un pays était anéanti par un accident nucléaire ?

Et si le Grand Duché était rayé de la carte après l’explosion de la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine ? À partir de cette hypothèse, ce docu-fiction, disponible ici jusqu’au 19 juillet, amène à réfléchir sur un sujet de société brûlant.

Un accident dans une centrale : le risque zéro n’existe pas (tout le monde l’admet)

Qu’adviendrait-il si mon pays disparaissait, rayé de la carte et rendu invivable, après un grave accident nucléaire ? Une question que s’est posée, en 2016, Nima Azarmgin, citoyen luxembourgeois au moment où le gouvernement du Grand Duché distribuait des pastilles d’iode, réputées prévenir l’apparition de cancers de la thyroïde, à ses habitants. De cette angoisse, les réalisateurs Myriam Tonelotto et Julien Becker ont imaginé An Zéro : comment le Luxembourg a disparu.

Dans ce docu-fiction d’anticipation, des Luxembourgeois paniqués par l’explosion de la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine, fuient leur pays. Quelques années plus tard, on les retrouve dans un camp de réfugiés du sud de la France. À cette trame scénaristique s’entremêlent les réflexions de scientifiques, de philosophes, d’historiens, d’analystes, de juristes, d’assureur… autour des conséquences politiques, sociales et économiques de la disparition d’un État comme le Luxembourg.