Manifestation à Kleine Brogel le 10/10/21 pour le retrait des armes nucléaires présentes sur le sol belge

La Belgique héberge sur son sol au moins une dizaine de bombes nucléaires B61.
Nous ne connaissons pas la puissance des bombes belges actuelles, mais c’est certainement plusieurs fois Hiroshima (estimé à moins de 18 kt, soit moins de 18 000 tonnes de TNT).

La B611 est une famille de bombes (A ou H ) allant de quelques kt (armes nucléaires tactiques) jusqu’à 340 kt de TNT, qui peuvent être aéroportées.

Leur présence sur la base de Kleine Brogel est un secret de polichinelle, le gouvernement Belge n’a jamais officiellement ni confirmé ni démenti non plus leur présence, et on aura remarqué que Charles Michel a préféré choisir de commander l’avion de chasse américain F35, qui a la capacité de porter et larguer les bombes en question et sera surtout adapté au nouveau modèle B61-12 !


Des armes nucléaires sont présentes dans l’armée belge depuis 1964, en secret et donc en dehors de tout processus démocratique :

Armes nucléaires en Belgique

Rappel des objectifs de l’association “Fin du Nucléaire” :

  • L’arrêt immédiat des réacteurs belges.
  • Le retrait immédiat des armes atomiques étasuniennes du sol belge.
  • Le désarmement nucléaire.
  • La suppression de l’accord datant de 1959 qui inféode l’Organisation mondiale de la santé (OMS – WHO) à l’ Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA – IAEA), le lobby atomique officiel.

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Peut-on encore reconsidérer la sortie du nucléaire en Belgique ?

Non. Le point de non-retour est atteint, notamment parce qu’Engie ne fera plus les investissements nécessaires à une prolongation des équipements ¹, et que l’Europe vient de donner son accord au mécanisme de rémunération de capacité (CRM). Le seul blocage potentiel est le sabotage des communes flamandes qui en ce moment refusent les permis de bâtir des centrales au gaz d’appoint.

Voici notre réponse aux arguments de l‘article paru en contribution externe dans “le Soir” le 21/08/21, émanant du “think tank Horizon 238” dont le titre exact est “Nous demandons au gouvernement de reconsidérer la sortie du nucléaire”.

Les énergies renouvelables, pierre angulaire de la transition énergétique, ne seront pas suffisantes pour décarboner notre société à temps.” ²

C’est pourtant possible, comme nous le disent Samuel Cogolati (Ecolo), le Pr Ronnie Belmans et Arnaud Collignon (IEW). ³

Mais ce qui est le plus important, c’est que la crise climatique nous montre que nous consommons trop d’énergie et de ressources, et que la première chose à faire c’est de revoir notre mode de vie basé sur l’hyper consommation (de vêtements, gadgets, etc.) et de promouvoir les économies à tous les niveaux.

Par exemple, à Liège, arrêter l’augmentation du trafic aérien et des échanges à grande distance inutiles et même nuisibles à notre économie locale.

La stabilité et l’approvisionnement sont garantis, avant ou sans la sortie complète du nucléaire, grâce au stockage (notamment les batteries, Coo), les connections à l’étranger, et l’utilisation partielle du gaz. Notons que les nouvelles centrales à gaz ont une meilleure efficacité que les anciennes (jusqu’à 63%) et qu’elles pourraient être conçues pour, dans le futur, brûler de l’hydrogène ou de nouveaux carburants (biométhane). Le partage de la production d’électricité à moyenne échelle est la meilleure manière d’équilibrer les productions renouvelables, pour compenser les irrégularités locales de production dues à la météo, notamment.

L’ONU publiait un rapport indiquant que l’accident nucléaire n’avait eu aucun effet néfaste sur la santé des habitants de Fukushima…. et qu’aucun élément scientifique n’avait démontré que l’énergie nucléaire était plus nocive pour la santé ou l’environnement que d’autres technologies déjà incluses dans la taxonomie, telles que l’éolien ou le solaire.

Ceci est complètement faux, les faibles doses de radiation sont nocives, il n’y a pas de seuil en dessous duquel il n’y a pas d’effets, et les dommages sur la santé des habitants et des travailleurs à Fukushima ne sont pas négligeables, tout comme sur la faune et la flore.

Le problème est que l’OMS, l’AIEA et l’UNSCEAR ne peuvent être qualifiés de rapporteurs objectifs dans cette histoire.  Pour ce qui est de Tchernobyl, nous avons reçu de l’association « Les Enfants de Tchernobyl »des informations sanitaires sérieuses venant d’Ukraine et de Biélorussie, qui contredisent l’optimisme des autorités locales et de l’OMS… Les projets entrepris par les autorités sensées protéger la population des dangers de la radioactivité à Fukushima et Tchernobyl sont en réalité des projets d’accommodation Europe à rassurer la population et l’aider « à vivre avec la radioactivité », suivant des calculs discutables qui souvent modifient la vie quotidienne : pas plus d’autant d’heures par mois dans la forêt ou d’autres lieux précis, vivre plutôt à l’intérieur, ne pas manger trop de champignons ou de fruits de la forêt, etc. Et de remonter les normes (casser le thermomètre !) à 20 fois la radioactivité naturelle pour simuler un semblant de normalité…

Nous sommes responsables de nos émissions de gaz à effet de serre et nous ne pouvons pas nous reposer sur nos voisins via le système de quotas d’émissions – l’ETS, et importer massivement gaz et électricité.

Le gaz ne sera pas utilisé massivement, juste pour appoint ! Le système ETS est un projet de partage des productions de CO₂ visant à une diminution collective de la production de CO₂ au niveau européen, il est basé sur un prix du carbone. Comme le gaz est mieux valorisé que le charbon d’au moins un facteur deux, l’utilisation du gaz contribuera à la diminution progressive du charbon en Europe. Le but premier est l’arrêt du pétrole et du charbon pour diminuer le CO₂ de 50% en 2030 et arriver à zéro carbone le plus vite possible.

Notons que les prix de l’électricité et du gaz seront influencés par la transition énergétique et d’autres facteurs , mais ne dépendent en aucune manière de la suppression ou de la non-suppression des deux centrales Tihange 3 et Doel 4. Cependant rappelons qu’à ce stade, la prolongation éventuelle coûtera 1 milliard d’euros au contribuable belge (et pas à Engie !).

Il ne faudrait pas perdre le savoir nucléaire et le projet Myrrha
“La prolongation de deux centrales c’est pas que du CO₂, c’est surtout le maintien de l’expertise belge nécessaire si l’on veut bénéficier des révolutions technologiques nucléaires..
.

À Tihange, les pertes sont estimées à 1000 emplois directs et 2000 emplois indirects, mais 700 emplois sur le site sont garantis pendant plus de 25 ans pour le démantèlement et la gestion des déchets. L’entreposage à sec est prévu pour au moins 80 ans !

Si ce projet Myrrha développé à Mol peut aider à traiter les déchets nucléaires et à diminuer un peu leur dangerosité, pourquoi pas, des déchets, on ne sait plus où les mettre : mais cela n’a rien à voir avec la fermeture ou non des centrales !

L’expertise nécessaire à la création de nouvelles centrales : c’est fini de toute façon pour la Belgique et de nouveaux prototypes de centrales “plus sûres” ne pourront pas être pris en compte avant 20 ans, et nous ne pouvons pas attendre…

La Commission européenne a déclaré le démantèlement comme un pôle d’excellence à développer : le secteur nucléaire peut et doit travailler sur les déchets et le démantèlement, il y a du boulot pour des dizaines d’années même sans aucun réacteur belge en fonctionnement !

Et il en faudra de l’expertise pour arriver à démanteler les centrales dans les délais prévus de manière optimiste soit vers 2045 !



Fin du Nucléaire asbl
Rue J. Servais 58
4430 ANS
Tel. 04 / 27 06 61
info @ findunucleaire.be
https://www.findunucleaire.be/


Notes

¹ En fait, Engie n’a plus l’intention d’investir dans une prolongation des deux réacteurs, mais si cela s’avère nécessaire, Engie pourrait demander au contribuable belge de débourser le milliard d’euros nécessaires, argent qui sera perdu pour l’investissement dans le renouvelable. Les délais techniques d’implémentation du prolongement rendent de plus en plus difficile de garantir la réalisation ce prolongement de manière sûre pour 2025.

² La Belgique consomme annuellement 462 TWh, les centrales Tihange 3 et Doel 4 produisent 15 TWh, soit 3% de l’énergie totale utilisée en Belgique, hors transport aérien et naval.

³ La production de CO₂ augmenterait au niveau belge de 2 à 4 % en 2026 selon le Bureau du Plan, et ensuite décroitrait jusqu’à être en réduction d’un million de tonnes de CO₂ en 2030, selon le Pr Belmans. Ceci bien sûr avec les 2 ou 3 centrales au gaz prévues. Notons que Mme Marghem parle de 9 centrales au gaz et donc de 12 % d’augmentation de CO₂, ce qui n’est plus d’actualité, ce n’est rien d’autre que de l’enfumage !
Extrait de la Dernière Heure du 03/09/21 :


Déjà actuellement, les centrales nucléaires font obstacle à la diminution de CO₂, non seulement parce qu’ils en produisent au moins autant que l’éolien, mais que les réacteurs nucléaires ne sont pas pilotables : lorsque l’éolien off-shore produit beaucoup d’électricité (par exemple la nuit), et que la production excède la demande, et qu’on n’est pas en état de revendre ou de stocker cette énergie, on est obligé d’arrêter les éoliennes, parce que ce n’est pas possible d’arrêter rapidement un réacteur nucléaire… Oui, le nucléaire pêche par son manque de flexibilité, et il est souvent intermittent à cause des nombreuses pannes qui accablent les centrales en fin de vie.


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Le nucléaire, une énergie décarbonée capable de diminuer les émissions de CO₂ au niveau mondial ?

En ce moment où la catastrophe climatique devient évidente, il y a une offensive généralisée des pro-nucléaires pour tenter de nous faire croire que l’énergie nucléaire « décarbonée » serait « la solution » pour limiter l’augmentation des gaz à effet de serre.

Le nucléaire produit aussi du CO₂, et pas en quantité négligeable, c’est très simpliste de dire que parce que la fission nucléaire ne dégage pas de CO₂, la production de chaque KWh d’électricité nucléaire ne génère pas de gaz à effet de serre , appelés GES (1) !

Plus on prend en compte l’entièreté du cycle (2), du minerai (d’uranium mais aussi de cuivre, fer…), du béton, jusqu’au démantèlement et aux “tentatives” de recyclage, plus la part de CO₂ produit augmente….

Vu les différents résultats des méthodes de calcul exposées ci-dessous, nous ne pouvons pas affirmer quel est le « bon » chiffre de la production de GES produit par les réacteurs nucléaires. Mais bien que nous soupçonnons que les chiffres communément acceptés sont certainement sous-évalués, nous ne sommes pas en mesure d’en proposer d’autres qui soient validés scientifiquement.

Nous nous limiterons à une réponse surtout qualitative et compatible avec le consensus général : le nucléaire produit une quantité de gaz à effet de serre (GES) comparable, voire inférieure à l’éolien, mais inférieure aux panneaux solaires photovoltaïques, et bien sûr très inférieures aux énergies fossiles.

L’urgence absolue est de diminuer drastiquement et rapidement les énergies fossiles dans les deux prochaines décennies, dès maintenant si possible !

Cependant, le nucléaire n’est pas une solution à la crise climatique :

Au niveau mondial, le nucléaire est actuellement très minoritaire et même en stagnation, 415 réacteurs, 4,3 % de l’énergie primaire, 10,3 % de l’électricité dont 70 % dans 5 pays (3).

Pour avoir un effet utile sur la réduction de CO₂ au niveau mondial, il faudrait multiplier le nombre de réacteurs par 10 ou 20. (4) Étant donné les coûts de plus en plus élevés de cette énergie et les délais de construction excédant les 10 ans ceci n’est pas compatible avec la situation d’urgence, ni avec les finances de beaucoup de pays, c’est même complètement irréaliste !
Et comme ces nouvelles centrales doivent être réparties sur la planète, cela implique inévitablement un énorme risque de prolifération de l’arme nucléaire, et une augmentation de la circulation de produits très dangereux.

De plus cela nous mènera directement à la fin des ressources en uranium, ou du mois une forte augmentation drastique du coût d’extraction (financier et énergétique), même si les ressources dans l’eau de mer sont énormes, bien que difficilement exploitables actuellement… De plus les réacteurs nucléaires sont en réalité aussi des machines thermiques, 60 % de la chaleur est perdue, et le refroidissement nécessite de grandes quantités d’eau fraîche, ce que les perturbations climatiques rendront de plus en plus difficile…

Pour ce qui concerne le CO₂, au niveau mondial, prolonger les réacteurs actuels ou les remplacer par des nouveaux, c’est une goutte d’eau dans le mix énergétique et c’est gaspiller des ressources que nous devons investir dans de nouvelles solutions, quitte à utiliser dans certains pays comme le nôtre, des centrales à gaz d’appoint. Ces centrales à gaz ne sont pas destinées à remplacer les réacteurs ni à fonctionner en continu, elles seront seulement utilisées en cas de besoin d’un appoint temporaire. Comme le précise le député Samuel Cogolati, leur production de CO₂ sera comptabilisé au niveau européen et compensé dans ce qu’on appelle l’ETS, emission trading system, ou le “système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre au niveau européen”. Ce système permet d’échanger des quotas de production de CO₂ entre diverses installations dans un cadre visant à la réduction progressive du total émis au niveau européen. Lire les dispositions légales des quotas ETS, en français .

L’âge moyen des réacteurs nucléaires est de 31 ans, ils arrivent tous en fin de course et deviennent de plus en plus dangereux.

Quels sont les résultats des études sur la question ?

Le GIEC cite en réalité 3 chiffres concernant l’émission de CO₂ par le nucléaire, soit 3.7, 12 et 110 grammes de CO₂ équivalent par kWh électrique. (6) La valeur médiane 12 est la valeur centrale publiée par le GIEC et reprise par les autres institutions officielles. Cette estimation est une médiane (1) et est donc le résultat d’une méta-analyse d’études de cas sur lesquelles le GIEC se repose et qui tiennent certainement en compte peu (3.7), ou un peu plus (110) l’entièreté du cycle. Il n’est donc pas certain qu’il s’agit de l’étude de cycles complets, surtout pour ceux qui ont la valeur minimale.

Les questions suivantes ont été posées au GIEC et à Mr Jean-Pascal Van Ypersele de Strihou:

  • Pourquoi publier une médiane, inexploitable pour nos calculs,  plutôt qu’une moyenne ?
  • Sur quels travaux scientifiques se base le GIEC pur arriver à ce chiffre ?

Nous n’avons jamais reçu de réponse !

Mais selon un professeur belge de l’Université d’Anvers qui a travaillé avec le GIEC  cette organisation n’a ni fait, ni requis, de recherche scientifique pour arriver à ce chiffre de douze grammes (ce n’est d’ailleurs pas son rôle). L’évaluation aurait été faite par l’AIEA, nous n’avons donc pas de source scientifique publiée dans un journal reconnu à comité de lecture !

Cependant nous devons reconnaître que cette valeur de 12g CO₂ eq/kWh, à tort ou à raison, fait consensus et est utilisée comme base de calcul par de nombreux experts.

EDF utilise le chiffre de 6 g de CO₂ eq/kWh, non pas sur base de travaux scientifiques, mais suite à une évaluation faite par …..les services de EDF R&D ! (Certaines autres publications d’EDF en mars 2020 parlent de 4 grammes…). Il se dit aussi qu’en France, de moins en moins d’électricité produite par le charbon et le fuel a été utilisée pour construire les éléments qui composent les centrales françaises, par rapport à la Chine, notamment.

Bref, pas de de base scientifique connue justifiant ce chiffre de 4 ou 6 grammes de CO₂ (7).

L’étude Sovacool, (8) publiée en 2008, basée sur l’étude d’une centaine de cycles complets, suggère que le chiffre réaliste moyen serait de 66 g CO₂ eq/kWh, soit plus que le photovoltaïque ; le maximum trouvé serait de 288 g CO₂ eq/kWh , soit la moitié des émissions de CO₂ du gaz !

D’après l’Université de Liège, cette étude publiée en août 2008 serait maintenant obsolète, et certainement aussi les évaluations antérieures à 2008  !

Ce chiffre de 66 g CO₂ eq/kWh est cependant repris par l’ADEME (Agence de la Transition Écologique [France]) pour l’évaluation mondiale, mais qui conseille la valeur EDF de 6 grammes pour la France !? (9)

Le calcul de la production de GES par le nucléaire est complexe, les résultats pour le monde et pour un pays particulier ne sont pas nécessairement les mêmes, et les diverses méthodes de calcul ne convergent pas vraiment, et le GIEC ne cite pas ses sources…

Il faut en effet tenir compte de tous les flux d’énergie sur de longues périodes, les techniques et les rendements évoluant au cours du temps.

L’enrichissement de l’uranium est plus efficace qu’au début, cependant, plus nous nous rapprochons de l’épuisement des mines d’uranium, plus l’extraction demandera d’énergie et plus le coût énergétique et financier du combustible augmentera !

Il faudrait aussi ajouter les flux annexes de GES (5).

Vu la complexité du problème, il n’est pas possible de refaire ces calculs «manuellement » dans une feuille Excell. Les spécialistes utilisent des bases de données et des applications dédiées aux ACV (Analyse du Cycle de Vie, dont l’évaluation de la production de CO₂ est un des aspects traités). (2)

L’équipe de l’Université de Liège (Chemical Engineering – PEPs) nous en signale deux :
GaBi et sa base de données propre, et SimaPro avec la base de données Ecoinvent.
Conclusion : la première rejoint le chiffre assez faible d’EDF (6 g), la seconde rejoint le chiffre du GIEC (12 g), sous une forme utilisable (une vraie moyenne).

Nous n’en saurons pas plus sur les chiffres scientifiquement reconnus et nous ne pouvons en proposer d’autres, même si nous avons la nette impression qu’ils sont sous-estimés parce que :

  • Seule la fabrication des éléments combustible est prise en compte ; nous savons que le coût énergétique de l’extraction du minerai va augmenter, est-il correctement intégré à ces bases de données ?
  • Les déchets miniers et leurs dégâts n’ont pas été correctement traités dans les pays du Nord, et pas du tout dans les pays du Sud.
  • Le coût de la gestion des déchets sortant des réacteurs est largement sous-estimé, même si dans le futur on espère que l’énergie sera largement décarbonée… On comprend pourquoi les gestionnaires veulent les balayer sous le tapis géologique supposé stable et réduire la maintenance à zéro et les “oublier”. Mais il est hautement probable que les générations futures devront prendre en charge ce fardeau pendant une très très longue période et dépenser des ressources et de l’énergie, et au final le bilan global de l’expérience nucléaire apparaîtra bien sombre…

Conclusion

Tout ceci confirme notre opinion que le nucléaire produit une quantité de gaz à effet de serre (GES) comparable à l’éolien, mais inférieur aux panneaux solaires photovoltaïques, et bien sûr très inférieures aux énergies fossiles. Mais, comme expliqué plus haut, ce n’est en aucun cas une réponse à la crise climatique.


NOTES :

  1. GES : Le CO₂, mais aussi le méthane, l’ozone, et divers gaz industriels (composés chlorés et fluorés…) sont des gaz à effet de serre. Ils sont caractérisés par leur capacité à piéger la chaleur (infrarouges) dans l’atmosphère, et leur effet est aussi pondéré par le temps qu’ils subsistent dans l’atmosphère. Le méthane est beaucoup plus réchauffant que le CO₂, mais il reste moins longtemps dans l’atmosphère..Notons que la vapeur d’eau naturelle participe grandement à l’effet de serre naturel qui réchauffe notre planète et qui nous donne un ciel bleu et nous évite une température de -18 °C. La vapeur produite par les évaporateurs des centrales est bien aussi un GES, mais son effet est limité, car cette petite quantité de vapeur d’eau additionnelle reste très peu de temps en suspens et s’intègre aux processus naturels. Une prolifération de réacteurs (plus de 8000 ?), qui produisent surtout de la chaleur, contribuerait cependant au réchauffement de l’atmosphère et à sa capacité à se charger en vapeur d’eau.
  2. L’analyse du cycle de vie (ACV – en anglais LCA [Life Cycle Analysis]) est une méthode d’évaluation normalisée (ISO 14040 et 14044) permettant de réaliser un bilan environnemental multicritère et multi-étape d’un système (produit, service, entreprise ou procédé sur l’ensemble de son cycle de vie).
  3. Le Prof Damien Ernst de l’Ulg propose effectivement de construire 8532 nouveaux réacteurs, et d’envoyer les déchets sur la lune ! Dans un tweet envoyé lorsqu’il a appris la décision de la sortie du nucléaire en Belgique, il posait la question de la nécessité de mettre les écologistes en prison, “et que même la prison serait une peine trop soft”…
  4. Les flux annexes de gaz à effet de serre sont surtout le fluor et le chlore utilisés durant l’enrichissement. Nous ne savons pas ce que deviennent ces gaz, dans quelle proportion ils sont filtrés, recyclés, ou relâchés dans l’atmosphère. Le SF6 utilisé comme isolant dans les installations électriques des centrale, et les autres gaz fluorés utilisés dans la centrale, ajoutent à peu près 1 % d’équivalent CO₂ au total de la production du réacteur. Un kilo de ce gaz SF6 (hexafluorure de soufre) équivaut à 23500 kilos de CO₂ en terme de pouvoir réchauffant. Comme 100 kg par an sont autorisés, (norme récemment dépassée à Flamanville, soit 102 kg !), chaque centrale peut potentiellement relâcher, en plus du reste, près de 2400 tonnes d’équivalent CO₂ par an. La centrale de Flamanville a produit 6,64 TWh en 2019 soit 6.64*30 milliards de grammes de CO₂, soit donc 199 200 tonnes de CO₂. Le SF6 ajoute donc 2400 tonnes à ce total, soit environ 1,2 %, ce qui est peu. Notons qu’il y a aussi du SF6 dans nombre de centrales électriques non nucléaires, il a la propriété de limiter les arcs électriques.
    En fait il y a d’autres gaz, comme le R134A et le R125, utilisés comme fluides refroidisseurs dans les compresseurs, ou comme fluide anti-incendie. Comme ils impactent moins l’effet de serre que le SF6, le calcul ci-dessus, qui considère qu’il n’y a que du SF6, reste valable et donne une valeur maximale.
    Le tableau des équivalences CO₂ des gaz (à 100 ans !) se trouve à la la page 183 de ce rapport réalisé pour l’ADEME.
  5. Annexe III de l’AR5 du GIEC. p.1335
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_carbone_de_l‘électricité
    https://fr.wikipedia.org/wiki/énergie_et_effet_de_serre
    Notez les différences entre les sources…
  6. La médiane d’un ensemble de valeurs liées à des échantillons est une valeur x qui permet de couper l’ensemble des valeurs en deux parties égales : mettant d’un côté une moitié des valeurs, qui sont toutes inférieures ou égales à x et de l’autre côté l’autre moitié des valeurs, qui sont toutes supérieures ou égales à x. La médiane donne une information sur la répartition numérique des échantillons ; cependant elle ne nous dit rien sur la répartition des valeurs dans les groupes Min et Max. Si tous les échantillons Max étaient au-dessus de 100, la médiane resterait quand-même à 12, cela peut induire en erreur !
    La moyenne est très utile car elle nous permet d’estimer l’émission de CO₂ d’un groupe de réacteurs dont on connaît la puissance électrique.
    Par analogie, connaitre la médiane des salaires d’un pays a un intérêt sociologique, mais la moyenne nous permet de recalculer la masse salarial totale, connaissant le nombre de salariés.
  7. EDF voir le document de mars 2020 qui montre l’exception française : de 4 à 6 g CO₂ eq/kWh
  8. Sovacool : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0301421508001997?via ihub et aussi un article du journal Nature.
  9. Dans l’archive 2014 l’ADEME cite Sovacool : https://www.bilans-ges.ademe.fr/static/documents/[Base Carbone] Documentation générale v11.0.pdf page 93. Mais retour au chiffre d’EDF sur la version en ligne actuellement, soit 6 g (après quelques pressions ?…) : https://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?conventionnel.htm.
    Juste en dessous : https://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/renouvelable.htm , l’ADEME re-cite les valeurs mondes de Sovacool, mais nous demande de nous référer à l’annexe III de l’AR5 du GIEC pour les valeurs « monde », soit donc 12 grammes !?


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Arrêt de l’EPR n°1 de la centrale nucléaire de Taishan

[Image d’illustration: Centrale nucléaire de Tihange, Belgique]

La fuite est survenue à Taïshan, en Chine, sur le premier réacteur de technologie française, de type EPR, à avoir été mis en service dans le monde.
Cette fuite a été détectée il y a plus de 8 mois, EDF insiste sur la fermeture du réacteur depuis le 14 juin date à laquelle le problème a été rendu publique.

Le 30 juillet 2021Nucléaire-Mise à l’arrêt du réacteur n°1 de Taishan, EDF prend acte” :
L’exploitant de l’EPR de Taishan, en Chine, a annoncé vendredi sa décision de procéder à l’arrêt du réacteur n°1 de la centrale nucléaire, au sein duquel des fuites de crayons de combustible responsables d’une accumulation de gaz rares ont été détectées.

Cette décision de TNPJVC, responsable de l’exploitation de la centrale et coentreprise détenue par China General Nuclear Power Group – ou CGN (70%) – et par EDF (30%), correspond à ce qui serait fait en France dans la même situation, a rappelé EDF dans une déclaration écrite après avoir pris position en ce sens le 22 juillet.

“EDF reste mobilisé pour apporter son expertise dans la mise à l’arrêt du réacteur”, a-t-il ajouté à la suite de l’annonce de la décision par CGN.
Source : Les échos

Le 30 juillet 2021
« Arrêter l’EPR de Taishan-1 est la bonne décision, au vu du risque que fait peser le combustible endommagé sur la sûreté du réacteur. Si les dommages sont suffisamment importants pour déformer des éléments du combustible, ils peuvent compromettre l’insertion des barres de contrôle, ce qui pourrait conduire à un accident nucléaire », analyse Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France.
….
« Si un défaut de conception du réacteur ou du combustible était à l’origine de l’incident sur l’EPR de Taishan, cela compromettrait les 4 projets d’EPR européens, qui cumulent déjà les années de retard et les dérapages budgétaires. Les incertitudes à Taishan montrent que la mise en service d’un EPR est loin d’être la lumière au bout du tunnel que l’industrie nucléaire française nous fait miroiter. La filière nucléaire française est encore une fois incapable de tenir ses promesses. Cela prouve que cette technologie n’est pas la solution dans la lutte contre les changements climatiques du fait des temps de construction, de ses coûts exorbitants et de son imprévisibilité », estime Yannick Rousselet.
Source : Greenpeace

Le 22 Juillet 2021 Il fallait arrêter le réacteur, pour savoir si la cause est un défaut de fabrication de quelques tubes, ou une mauvaise composition du combustible, trop de Plutonium ou d’Uranium dans certaines pastilles dans certains tubes, ou alors s’il s’agit d’une erreur de conception qui crée une surchauffe dans une zone précise. On dirait que pour les Chinois la production est passée avant tout, aggravant même l’exposition possible du personnel à des éléments radioactifs lors des opérations de décontamination du circuit primaire, qui est de plus en plus difficile à mesure que le temps passe….
Plus de détails dans “Le Parisien”

Le 14 juin 2021 : “La centrale nucléaire chinoise de Taishan (EPR) présente une «menace radiologique imminente». Le constat viendrait de Framatome, une filiale du groupe français EDF qui a aidé à construire la centrale et en possède toujours des parts, révèle ce 14 juin CNN. Les fuites sont connues depuis plus de 8 mois.
Framatome est une filiale Américaine du groupe français EDF, qui a aidé à construire la centrale et en possède toujours des parts, et doit rendre des comptes aux autorités Américaines.” Source : le Temps (Journal Suisse)

Le 14 juin 2021 : “EDF parle de “gaz rares” qui n’interfèrent pas avec les tissus vivants.”. Rappelons que le radon 222, qui s’échappe naturellement de nos sols, est aussi un gaz rare dit chimiquement inerte, et radioactif.. C’est un produit de la désintégration du radium, ce dernier étant un élément de la chaine de désintégration de l’uranium, qui se termine avec le plomb 206 (stable). On estime que, par inhalation, le radon est responsable de 10% des cancers du poumon en France, devant l’amiante !

C’est donc de la pure désinformation de nous faire croire que puisque ces gaz “inertes” (mais radioactifs) ont peu d’interactions chimiques, il n’y aurait aucun risque lié à la contamination radioactive interne.

Ces gaz se trouvent dans l’eau du circuit primaire, mais lors du processus de “dégazage”, il finissent quand-même dans l’atmosphère et peuvent être inhalés.
Source : le blog de Fukushima

Le 15 juin 2021 Cette fuite radioactive sur l’EPR chinois est un billard à trois bandes entre Américains, Chinois et Français. Si l’opacité entretenue par le régime chinois empêche pour le moment de connaître les conséquences précises de la fuite radioactive impliquant l’EPR n°1 de Taïshan, révélée hier 14 juin par CNN, en revanche il est d’ores et déjà possible d’analyser le déroulement de cette affaire et d’en prévoir certaines suites.

La défectuosité de l’étanchéité de gaines de combustibles au sein de l’EPR de Taïshan remonte à octobre 2020, c’est-à-dire qu’elle dure depuis plus de 8 mois : les co-exploitants du réacteur, c’est-à-dire les Chinois et les Français de Framatome, étaient de toute évidence parfaitement conscients de la gravité du problème et avaient conjointement décidé d’en cacher l’existence à la population mais aussi à l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique).

Par chance, l’information a fini par “transpirer” vers la filiale américaine de Framatome (Areva NP Inc). Cette dernière, après de très probables discussions avec la CIA et la Maison blanche, s’est fait un plaisir d’en informer CNN. En effet, maintenant que la situation de l’EPR de Taïshan est connue dans le monde entier, il va être compliqué pour les Chinois de continuer à exploiter ce réacteur dans des conditions qui sont très probablement hors de “son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé”, contrairement à ce prétend Framatome (canal Français !) pour ne pas froisser les Chinois. Il est de notoriété publique que la Chine et les USA, les deux plus grandes puissances mondiales, sont en grande rivalité géopolitique et économique.

Il est évident que, si l’EPR n°1 de Taïshan et peut-être son jumeau n°2 devaient être stoppés pour longtemps, ce serait embêtant pour la Chine qui manque par moment d’électricité dans cette région. D’où le “petit plaisir” que se font les Américains en révélant l’affaire. Mais cela resterait tout de même un problème limité pour la Chine où, contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou entendre, le nucléaire est une énergie marginale couvrant moins de 1% de la consommation d’énergie du pays. En revanche, il est très possible que l’industrie nucléaire française soit la grande perdante de cette affaire qui peut représenter un coup fatal pour les projets d’EDF de construire des EPR en France et à l’étranger. En effet, alors que les chantiers EPR organisés par les Français – Areva en Finlande, EDF à Flamanville (Manche) et en Grande-Bretagne – sont de véritables désastres industriels et financiers, les promoteurs du réacteur EPR se raccrochaient désespérément au “bon exemple” chinois. Car les deux EPR de Taïshan ont été construits et mis en service (respectivement en décembre 2018 et septembre 2019) avec “seulement” quelques années de retard et des surcoûts officiellement limités à quelques milliards (selon la communication de la Chine qui, faut-il le rappeler, est une dictature où l’ “information” est totalement contrôlée).
La situation qui a lieu actuellement en Chine montre que, malgré la prétendue maestria des nucléocrates chinois, les EPR de Taïshan ne se portent pas mieux que ceux que les Français tentent désespérément de construire. Cet évènement va assurément semer un énorme doute chez les rares dirigeants étrangers qui envisageaient encore de commander des réacteurs EPR, malgré tous leurs déboires. “

C’est assurément la goutte qui fait déborder le vase, ou plutôt la fuite radioactive qui fait déborder la cuve (défectueuse) de l’EPR…

De même, cette affaire doit amener les dirigeants politiques français (mais aussi finlandais et britanniques) à prendre enfin leurs responsabilités et à stopper définitivement les chantiers EPR d’Olkiluoto (Finlande), Flamanville (Manche, France) et d’Hinkley Point (Grande-Bretagne), et à cesser d’annoncer de futurs chantiers d’EPR en Inde ou ailleurs. Source : Observatoire du nucléaire

Voir aussi : en France également des assemblages de combustibles endommagés



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Et si un pays était anéanti par un accident nucléaire ?

Et si le Grand Duché était rayé de la carte après l’explosion de la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine ? À partir de cette hypothèse, ce docu-fiction, disponible ici jusqu’au 19 juillet, amène à réfléchir sur un sujet de société brûlant.

Un accident dans une centrale : le risque zéro n’existe pas (tout le monde l’admet)

Qu’adviendrait-il si mon pays disparaissait, rayé de la carte et rendu invivable, après un grave accident nucléaire ? Une question que s’est posée, en 2016, Nima Azarmgin, citoyen luxembourgeois au moment où le gouvernement du Grand Duché distribuait des pastilles d’iode, réputées prévenir l’apparition de cancers de la thyroïde, à ses habitants. De cette angoisse, les réalisateurs Myriam Tonelotto et Julien Becker ont imaginé An Zéro : comment le Luxembourg a disparu.

Dans ce docu-fiction d’anticipation, des Luxembourgeois paniqués par l’explosion de la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine, fuient leur pays. Quelques années plus tard, on les retrouve dans un camp de réfugiés du sud de la France. À cette trame scénaristique s’entremêlent les réflexions de scientifiques, de philosophes, d’historiens, d’analystes, de juristes, d’assureur… autour des conséquences politiques, sociales et économiques de la disparition d’un État comme le Luxembourg.

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