Sortie du Nucléaire : nous avons de nombreuses questions à toutes leurs réponses !

Ce texte sera tenu à jour en fonction de l’évolution de la situation !
Dernière modification le 13/06/2022

Le point du 13 Juin 2022

– Toujours pas de nouvelles des décisions gouvernementales sur la prolongation des deux réacteurs, alors que Mr de Croo nous avait promis de déposer un projet pour la fin Mars.
La négociation avec Engie est confidentielle, mais semble très difficile, Engie, étant en position de force, semble demander beaucoup de compensations financières. Engie met la pression et “propose” que la Belgique participe aux frais (et aux bénéfices disent-ils !?) du nucléaire, mais surtout aux frais de prolongation et du futur démantèlement et des déchets générés par la prolongation des deux réacteurs. Et certains craignent qu’ils ne refilent à la Belgique l’ardoise de plus 40 milliards du démantèlement de l’ensemble des installations nucléaires en Belgique et de la gestion de leurs déchets…
Les décisions sont encore reportées… jusqu’à septembre 2022 ! ?
Et, le gouvernement, qui a d’autres soucis en plus de celui-ci, pourrait bien aussi tomber dans les mois qui viennent…

Plus le temps passe, plus il sera difficile de tenir les délais. Heureusement, en cas d’échec, le plan A est prêt à être mis en œuvre en 2025.
Engie précise le 18/05/2022 que les réacteurs prolongés ne seront pas opérationnels avant 2027, et seront vraisemblablement à l’arrêt entre 2025 et 2027 pour les travaux d’adaptation.
N’oublions pas que les Allemands, dans une situation similaire, ont renoncé à l’annulation de la fermeture de leurs deniers réacteurs nucléaires, parce que l’opération serait contreproductive, notamment financièrement...
Le gouvernement Allemand vient d’ailleurs de se prononcer contre l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie énergétique Européenne. (17/05/2022)
Dans l’état actuel de la législation, les deux réacteurs ne peuvent être maintenus en fonction après leurs 40 ans, sans prolongation légale et mise à niveau technique approuvée par l’AFCN.
– On apprend aussi que Engie Electrabel rapatrie des capitaux en France, soit 1.2 milliards….
Pour les mettre à l’abri de l’État Belge ?
La ministre voudrait taxer les surprofits d’Engie, mais le gouvernement Michel (MR) a signé des clauses trop favorables à l’industrie nucléaire….Et la la Banque Nationale, consultée, émet des doutes sur l’aide qu’elle pourrait apporter…
– G.L. Bouchez (MR) propose de prolonger 5 réacteurs, et de renoncer aux centrales à gaz. Rappelons l’incohérence du même parti qui il n’y a pas longtemps, acceptait la fermeture totale et proposait 9 centrales au gaz ! Le changement de contexte géopolitique n’explique pas cet acharnement pronucléaire….
– D’autant plus que beaucoup de politiciens semblent ignorer que l’uranium dans nos réacteurs est dépendant à 40 % de la Russie, directement, pour la fabrication de combustibles enrichis, ou indirectement, vu qu’une partie du minerai d’uranium provient du Kazakhstan, un approvisionnement contrôlé par des sociétés Russes.
Qui parle d’indépendance énergétique ?

Nous insistons sur le dangers des réacteurs prolongés et du problème de l’accumulation des déchets !

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En date du 18 mars 2022, en matière de sécurité d’approvisionnement électrique, le gouvernement belge a opté pour le « Plan B amélioré ». Il a opté pour la prolongation des deux réacteurs Doel 4 et Tihange 3 au delà de 2025, mais il prévoit aussi deux centrales au gaz.1
D’un côté, Engie prétend que la mise à niveau prendra 5 ans2 ; de l’autre, l’AFCN dit que la mise à niveau des réacteurs pourra être opérationnelle dès 2025. Qui croire ?

FdN remarque qu’en acceptant la prolongation des deux réacteurs, les ministres semblent plus motivés par l’indépendance énergétique que par la sécurité nucléaire. Alors que le nucléaire n’est pas le meilleur moyen d’assurer notre indépendance énergétique ni de lutter contre le dérèglement climatique10, nous devrions donc accepter de vivre avec la menace toujours possible d’un accident nucléaire dans ces réacteurs vieillissants, comme une arme braquée sur nous, qui plus est dans une zone densément peuplée, et contribuer à l’accumulation de déchets dont on ne sait que faire. C’est pourquoi FdN s’oppose à la prolongation de ces deux centrales et continuera à manifester pour leur fermeture, et contre le soi-disant “nouveau nucléaire du futur” !

Notons que l’Allemagne, confrontée à la même question dans un contexte énergétique similaire, vient de décider de renoncer à la prolongation de ses deux derniers réacteurs nucléaires, qui fermeront donc cette année. S’ils peuvent le faire, pourquoi pas nous ?
Mais il est important de souligner que le gouvernement belge a décidé d’augmenter le renouvelable, car c’est le meilleur moyen de diminuer la dépendance aux énergies fossiles et de se passer du nucléaire.

Il reste beaucoup de questions et certaines réponses doivent être confirmées :!

FdN :Combien de milliards coûteront les mises à niveau de Doel 4 et Tihange 3 ?
Qui paiera cette note ?

R. Cela fait partie de la négociation avec Engie, les deux ministres-négociateurs ne veulent pas dévoiler les détails. Mais le coût serait d’à peu près 1.6 milliard d’euros, soit 160€ par habitant, donc au moins 320€ par famille… .
Engie doit réorganiser ses équipes et ressources, pour préparer la prolongation et, en même temps, commencer les démantèlements des réacteurs déclassés.3

FdN : Va-t-on puiser dans les ressources prévues pour le démantèlement et la gestion des déchets ?

R. En principe, non, l’exploitant reste responsable du démantèlement et de la gestion des déchets pour les 7 réacteurs, les provisions nucléaires devraient être conservées.
La ministre Van der Straeten vient de déposer un projet de loi visant à s’assurer qu’Electrabel payera la facture des déchets nucléaires et du démantèlement. Ce n’est pas lié à la prolongation des deux réacteurs, mais cela ne va pas faciliter le dialogue entre l’État Belge et Engie-Electrabel lors des négociations en cours… (La Libre Belgique 10/05/2022)

FdN : Prolonger les deux réacteurs D4 et T3 nécessitera donc un changement de la loi organisant la fermeture de tous les réacteurs en 2025, pour autoriser la prolongation de deux réacteurs. Quand sera voté cette modification de la loi de sortie du nucléaire ?

R. C’était prévu pour fin Mars, début Avril !? Les dates finales, fixées dans la loi de fermeture, vont être révisées, et décalées de 10 ans, soit, pour Tihange 3 le 1er septembre 2035 et pour Doel 4 le 1er juillet 2035. La seule modification concernera ces deux dates. La loi continuera à interdire la construction de nouvelles centrales. Cette loi n’empêchera toutefois pas la recherche des “solutions du nucléaire du futur” (SMR, “petits réacteurs modulaires”), auxquels FdN marque son opposition. Et nous apprenons que le dernier rapport du GIEC (p.51) montre qu’à investissement égal, le solaire et l’éolien économisent 4 fois plus de CO2 que les réacteurs électro-nucléaires! 10

FdN : Si le CRM4 fonctionne pendant la période d’arrêt en 2025/2026 , cela prouve qu’on pouvait arrêter tous les réacteurs, alors, pourquoi remettre Doel 4 et Tihange 3 et en marche en 2026-2027 ?

R. Selon la ministre, “parce qu’il y a la guerre en Ukraine et qu’on prend conscience de l’ampleur de notre dépendance aux énergies fossiles – gaz, pétrole et uranium. Raison pour laquelle il faut encore plus diversifier notre approvisionnement”.

Pour FdN cette réponse est insatisfaisante : si nous pouvons nous passer des réacteurs en 2025 et 2026, et si, en pus les renouvelables montent en puissance, il est absurde d’en redémarrer deux en 2027 et les garder dans les années qui suivent !

FdN : Y aura-t-il de nouvelles négociations avec l’Europe pour redéfinir un programme CRM adapté ? Combien de temps prendront ces négociations ?

R : À première vue, le CRM du « plan A » resterait d’application. Nous ne savons pas ce qu’en pense l’Europe : ce CRM a été prévu et approuvé pour la fermeture de toutes les 7 centrales, et non pas 5.

FdN : D’où proviendra l’uranium enrichi pour les réacteurs qui seraient prolongés ? Dans les réacteurs actuels, 25% de l’uranium enrichi est Russe et 40% du minerai dépend de sociétés Russes, notamment via le Kazakhstan… La fabrication des combustibles risque de prendre du temps, quel sera le fournisseur ?

R. : La Ministre Tine Van der Straeten n’en dit rien.

FdN : Dans le cas où les réacteurs prolongés seraient indisponibles avant l’été 2025, la solution temporaire prendra-t-elle la forme d’une consommation de gaz accrue au-delà des appoints prévus dans le nouveau programme CRM ? Combien de temps les réacteurs resteront-ils indisponibles ?

R. “On s’attend à ce que les deux réacteurs soient quand même éteints lors de leur quarantième anniversaire en 2025, avant d’être rallumés fin 2026 (c’est ce qu’espère le gouvernement) voire courant 2027, et c’est ce que laisse entendre l’exploitant du parc nucléaire belge, Engie-Electrabel.” 6

S’ils sont indisponibles fin 2025 et en 2026, le CRM (Mécanisme de Rémunération de Capacité)4 devrait être d’application comme prévu dans le plan A !
Il semble qu’on s’oriente vers ce scénario (18/05/2022).

FdN : Quand va avoir lieu l’enquête d’impact environnemental dans un rayon de 1000 km autour de Doel et Tihange ? Combien de temps prendra cette enquête ?

R. : La consultation publique transfrontalière et l’étude d’incidence prendront au moins deux mois pour chaque réacteur.

FdN : Cette enquête sera-t-elle uniquement consultative ?

R. Très probablement…

FdN : Y aura-t-il des voies de recours juridiques, d’une part pour les acteurs belges et d’autre part pour les régions frontalières ?

R. : Engie le craint, mais nous ne savons pas ce qui est juridiquement possible.

FdN : En 2025, les deux réacteurs de D4 et T3 auront atteint leurs 40 années de durée de vie légale prévue. Un arrêté royal de 2011 7 dit que les révisions périodiques ont lieu tous les dix ans, et pas plus. Elles ne peuvent donc plus fournir de l’électricité après 40 ans sans révision, et pas non plus avant la fin des travaux de mise à niveau requis, qui remplacent une révision périodique. L’AFCN trouvera-t-elle un moyen de contourner ces obstacles sans augmenter l’insécurité ?

R. L’AFCN propose de faire d’abord les travaux qui impactent le plus la sécurité, et de reporter les travaux moins lourds et n’impactant pas la sécurité. Donc l’arrêté royal7 sera modifié “pour établir une distinction entre les « travaux correctifs » qui devront absolument être réalisés avant que l’Agence fédérale de contrôle nucléaire n’accorde le renouvellement de l’autorisation d’exploitation, et les « actions d’amélioration », qui devront être mises en œuvre au plus tard trois ans après le premier redémarrage de la nouvelle période d’exploitation”6.

FdN : Comment stabiliser le prix de l’énergie en général (gaz, électricité…) ?

R : Ce qui permettra de ne plus dépendre du prix du gaz et autres énergies fossiles, ce sont d’abord les économies d’énergie, l’isolation de nos maisons, et ensuite, la généralisation des énergies renouvelables.

FdN. : Monsieur le Ministre Gilkinet rappelle que le nucléaire n’est pas une énergie rapidement pilotable. Pour apporter de la flexibilité à notre approvisionnement électrique, qui va investir dans le stockage nécessaire ? Le gaz suffira-t-il pour assurer la flexibilité ?

M. Georges Gilkinet dit en effet que “Engie devra se débrouiller pour que Doel 4 et Tihange 3 n’empêchent pas les énergies renouvelables de produire. C’est un nouveau paradigme, un renversement de la charge de la preuve”. Donc est-il possible, techniquement, de diminuer la production nucléaire quand les conditions météo seront favorables à l’éolien et au photovoltaïque et lorsque les centrales au gaz sont à l’arrêt ?

R: Depuis longtemps, les Allemands ont résolu le problème : la priorité est à la production renouvelable.Pour le ministre, Le secteur nucléaire devra être seulement l’appoint : “Les réacteurs devront être flexibles, explique le Ministre Georges Gilkinet. Par exemple, en stockant l’électricité quand la production est supérieure à la demande.”
Pour Fdn, ces deux réacteurs ne peuvent pas être rendu plus flexibles9, et les solutions de stockage doivent de toute façon être développées d’urgence !






Notes de la conférence du 16 juin 2022

(1) https://www.premier.be/fr/prolongation-de-la-duree-de-vie-des-centrales-doel-4-et-tihange-3 . Le gouvernement n’augmentera pas le nombre de centrales à gaz après 2026, se limitant aux deux qui sont actuellement prévues, selon La Libre Belgique du 2 avril 2022.
Pour la ministre, les deux centrales au gaz et un CRM4 fonctionnel sont nécessaires également si les négociations avec Engie capotent et que le plan A revient complètement d’application.
À ce jour, les propositions de modification de la loi annoncées pour fin mars 2022 n’ont toujours pas encore été ni proposées ni votées !?

(2) D’après Engie, la prolongation des deux centrales nucléaires ne sera pas prête avant 2027

(3) Le Soir – 21 mars 2022 – pg 10-11. « On a décidé de faire plus de renouvelable, c’est ça qui est important pour moi. » Tine Van der Straeten.

(4) Mécanisme de rémunération de la capacité (MRC/CRM) ce mécanisme apportera un soutien, au moyen d’enchères annuelles, aux unités qui peuvent fournir ou économiser de l’électricité à partir de 2025. Toutes les technologies possibles de production, de stockage ou de gestion de la demande d’électricité peuvent participer. De l’aide est apportée aux investissements, et sera remboursée plus tard si les bénéfices dépassent un certain niveau.
https://economie.fgov.be/fr/themes/energie/securite-dapprovisionnement/mecanisme-de-remuneration-de

(5) EDF parle d’une production pour 2022 inférieure de 20 % aux objectifs initiaux et prévoit d’importer de l’énergie électrique. Les incidents détectés dans de nombreux réacteurs nucléaires français risquent de se reproduire dans les mois et années qui viennent.

(6) “Le Soir” 2 Avril 2022 p8 “La prolongation du nucléaire entame son long parcours
du combattant”

(7) L’arrêté royal du 30 novembre 2011 portant prescriptions de sûreté des installations nucléaires. L’avant-projet de loi relatif à la prolongation de la centrales Doel 4 et de Tihange 3 sera très prochainement soumis à l’approbation du Conseil des ministres, tout comme le projet d’arrêté royal modifiant l’arrêté royal du 30 novembre 2011 portant prescriptions de sûreté des installations nucléaires.

(8) Programme initialement prévu :
https://afcn.fgov.be/fr/dossiers/centrales-nucleaires-en-belgique/cessation-des-activites-et-demantelement-des-centrales
https://economie.fgov.be/fr/themes/energie/sources-denergie/nucleaire/base-legale-de-la-sortie-du

(9) Le nombre de cycles de diminution à 50% est limité à 30 fois sur un cycle de 18 mois suivant le directeur d’Engie. LLB 29 mars 2022

(10) L’uranium est une ressource non-locale, et épuisable. Nos réacteurs sont chargés de 25% d’uranium enrichi venant de Russie, et dont le minerai vient partiellement du Kazakhstan.
Le dernier rapport du GIEC (p.51) montre qu’à investissement égal, le solaire et l’éolien économisent 4 fois plus de CO2 que les réacteurs électro-nucléaires! Notons que cette évaluation essaye de tenir compte du coût de la gestion des déchets, qui seront inévitables, y compris dans le cas des futurs SMR. Pour les détails, voir le décryptage par Libération.

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Communiqué de presse du 16/03/2022

Liège : gare des Guillemins


Décision de la fermeture du nucléaire en Belgique, guerre en Ukraine, 11ème anniversaire de la catastrophe de Fukushima

Il y a 11 ans, le 11 mars 2011, un tsunami déclenchait une panne de courant à la centrale de Fukushima Daïchi.
Les dispositifs de secours destinés à assurer le refroidissement des trois réacteurs, n’étant pas protégés des inondations, n’ont pas pu remplir leur office (1), et quelques jours plus tard les cœurs des réacteurs ont fondu et explosé, libérant des quantités de poison radioactif. Ce n’est que grâce à la direction des vents ces jours-là que l’ampleur de la catastrophe a été limitée. Nous sommes passés à deux doigts de l’évacuation de dizaines de millions d’habitants.
Il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle, la responsabilité repose sur un défaut de prévoyance : absence de digue et installation au niveau de la mer dans une région sensible aux tsunamis, erreurs de conception de ces centrales, ainsi qu’une succession d’erreurs dans la gestion des événements.
Onze ans plus tard, le refroidissement, qui produit chaque jour des tonnes d’eau radioactive, le nettoyage et de démantèlement sont très loin d’être terminés, l’encombrement des déchets radioactifs est sans solution, sauf à polluer la terre et la mer…La guerre en Ukraine fait resurgir la peur de fuites radioactives délétères pour les populations. À l’heure actuelle, le fonctionnement des installations nucléaires en Ukraine, dans les 4 centrales du pays et à Tchernobyl, est menacé par la chute de missiles et la rupture de lignes électriques. À la suite des agressions militaires à Tchernobyl et à Zaporijja, la qualité de la maintenance par le personnel en sous-effectif et donc la sécurité y sont très dégradées. À Tchernobyl tous les systèmes de mesures et de communication ont été coupés plusieurs fois et l’alimentation électrique est toujours instable : les techniciens ont du vérifier les installations à pied et à la lampe de poche, une kalachnikov dans le dos… Cela nous rappelle que l’industrie nucléaire n’est pas une activité sûre sur une planète soumise à des catastrophes naturelles,des guerres, des mouvements sociaux violents et au dérèglement climatique qui augmente la probabilité des inondations, des sécheresses, de la montée du niveau des mers…

FdN lutte aussi contre toutes les armes nucléaires, car le nucléaire civil et le militaire sont indissociables : il est clair que les pays qui s’accrochent le plus à l’énergie électronucléaire sont ceux qui ont l’arme atomique ou qui veulent l’obtenir, et il est clair aussi que le nucléaire civil augmente très fortement le danger de la prolifération nucléaire (2).

Fin du Nucléaire rappelle que le nucléaire n’est pas une source d’énergie sûre (aucune compagnie d’assurance ne veut assurer les risques impliqués), qu’elle produit des déchets ingérables légués aux générations futures, et que l’uranium est une ressource épuisable et sale, qui n’assure pas notre indépendance énergétique : 25 % de l’uranium enrichi dans nos réacteurs provient de Russie, et le minerai d’uranium provient de pays comme le Niger ou le Kazakhstan. La pollution radioactive des sites d’extraction de l’uranium, en France et au Niger, pays où l’effet catastrophique sur la santé de la population est documenté, renforce la tradition entretenue depuis le début de cette industrie par les instances nationales et internationales (OMS, AIEA, IRSN, AFCN…,) de maintenir l’ignorance des dangers de la radioactivité par la population.À l’heure actuelle, pour assurer moins de 3 % de l’énergie mondiale avec 450 réacteurs, il nous reste de l’uranium pour 100 ans. Pour avoir réellement un effet de levier sur la décarbonation de la planète, il faudrait multiplier le nombre de réacteurs par 5 ou 10, et donc l’uranium serait épuisé en quelques années ! (3) De plus, cette énergie est la plus coûteuse et la plus lente à mettre en œuvre alors que le temps presse pour lutter contre le dérèglement climatique.

En Belgique, il a été décidé de fermer les 5 réacteurs les plus vieux dont les cuves sont par ailleurs fissurées et représentent un danger public. Nous devons maintenant décider de la fermeture des deux derniers. FdN a toujours appuyé le plan A et continue à le soutenir. Ce plan garantit l’approvisionnement par le développement de sources d’énergie renouvelable, dont l’éolien marin, et de deux centrales à gaz d’appoint (et non 9 comme le préconisait encore récemment la ministre Marghem). Dans le contexte actuel, nous comprenons que l’évolution du prix du gaz et de son approvisionnement doit être prise en compte. Notons néanmoins que le gouvernement allemand a décidé de fermer leurs deux dernières centrales, malgré un problème d’approvisionnement bien plus aigu! (4)

Cependant, le plan B doit être évalué aussi au niveau de son prix, de ses délais, de l’approvisionnement énergétique, et cela pose question. Les démarches à faire vont encore générer des délais : enquête d’impact environnemental sur 1000 km, nouvelles négociations avec l’Europe pour redéfinir le CRM, tractations pour convaincre Engie de faire les travaux et vraisemblablement des frais à charge de l’État pour plus d’un milliard. La loi sur le nucléaire précise qu’un réacteur ne peut fonctionner sans être révisé au-delà de sa durée de vie (40 ans dans ce cas-ci), c’est à dire dans le cas qui nous occupe au-delà du 31/12/2025, et il n’est pas sûr que ce soit matériellement possible. Il faut donc que les réacteurs soient remis à jour à cette date, sauf si cette loi est modifiée dans le sens d’une diminution de la sécurité. De plus, toutes les discussions sur les mesures de garantie d’approvisionnement sont calculées pour la période d’après 2025, or il est évident que les travaux vont immobiliser les deux réacteurs pendant de nombreux mois avant le 31/12/2025. Si cela dure trop longtemps, plus de 6 mois par exemple, il est clair que cela va générer un trou dans notre mix énergétique, avant que les solutions nouvelles soient tout à fait prêtes, et cela nécessitera donc l’apport des énergies d’appoint à cette période, dont, peut-être, malheureusement, le gaz… Ce plan B ne nous semble pas viable, d’autant plus qu’il va gaspiller des ressources plus efficacement investies dans les énergies du futur.

Nous n’acceptons pas non plus l’idée d’investir dans le « nucléaire du futur », soit dans les SMR, petites unités modulaires fabriquées en usine. Non seulement cette «solution » sera certainement « trop chère, trop tard » (2035-2040 ?) par rapport au dérèglement climatique, mais nous ne voyons pas où se trouvent les améliorations. Certes, ces mini-réacteurs seraient construits en série et donc sans doute à moindre coût ; il n’est cependant pas sûr que ce soit plus efficace que l’économie d’échelle réalisée par un réacteur plus grand. Nous ne sommes pas du tout convaincus qu’un réacteur plus petit produise proportionnellement moins de déchets. En cas d’accident, il serait moins grave, mais le nombre potentiel d’accidents augmenterait proportionnellement au nombre de SMR installés. Les SMR étant plus dispersés dans le pays, le transport de matières dangereuses augmenterait aussi dans tout le territoire. En plus, ces SMR augmenteront le nombre de cibles potentielles d’attaques terroristes et donc de lieux à sécuriser. Dans tous les cas, et pas seulement lors d’installation dans des bases militaires, cela augmentera aussi le risque en cas de conflit ou de trouble social grave.

Solution : Sortir complètement du nucléaire, et diminuer progressivement toutes les énergies fossiles grâce aux efforts pour économiser l’énergie et la généralisation des énergies renouvelables, dans un réseau de distribution rénové et intégré à l’échelle européenne, incluant de nouveaux vecteurs, dont l’hydrogène vert. Sécuriser les déchets nucléaires existants en surface, subsurface, ou stockage à sec, sans mettre en péril l’intégrité du sous-sol et des ressources en eau.

(1) Article du canard sur la qualité des systèmes de secours : https://www.dropbox.com/s/tik7x7v7ypkjogn/edf_fournisseurs.jpg?dl=0

(2) Source : E. Macron : « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil » Source : https://www.elysee.fr/front/pdf/elysee-module-16825-fr.pdf page 4

(3) Rappelons les propositions invraisemblables du Pr Damien Ernst, qui voulait construire plus de 8000 réacteurs, et envoyer les déchets sur la lune, tout en mettant les écolos en prison…

(4) Le gouvernement allemand confirme la fermeture des deux dernières centrales !  https://www.euractiv.com/section/energy/news/germany-rules-out-prolonging-its-nuclear-power-plants/

Fukushima : une reconstruction périlleuse
Article de Cécile Asanuma-Brice, sociologue et chercheuse au CNRS. Résidente permanente au Japon, elle codirige un programme international sur les post-Fukushima studies. Ses recherches portent sur les politiques de logement dans les sociétés du risque.

Les communiqués de la CRIIRAD : suivi de la sûreté nucléaire et des possibles contaminations radioactive en Ukraine

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Tirs russes sur la centrale de Zaporijjia : communiqué de la CRIIRAD



Bombardement et incendie à la centrale de Zaporijjia : l’inquiétude grandit


La centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine est l’une des plus puissantes d’Europe avec six réacteurs nucléaires de 950 MWe.Dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 mars 2022, un incendie s’est déclaré après des bombardements sur le site.

Selon le site internet de l’organisme d’inspection de la sûreté nucléaire ukrainienne, le SNRIU, la centrale a subi un bombardement vers 1h du matin. Ce bombardement a provoqué un incendie qui a endommagé un bâtiment auxiliaire du réacteur numéro 1. Il aurait été éteint vers 6h20 ce matin. Les forces militaires russes occupent la centrale mais d’après le SNRIU, les fonctions de sûreté nucléaire ne seraient pas atteintes et la radioactivité dans l’air autour de la centrale serait normale.

Le service balises de la CRIIRAD surveille la situation ukrainienne depuis le 24 février de façon extrêmement régulière. Il avait accès il y a encore peu de temps aux résultats en direct des capteurs qui mesurent la radioactivité autour de la centrale de Zaporijia mais ce n’est plus le cas ce matin. Il est impossible d’accéder aux résultats et l’on doit s’en tenir aux informations officielles transmises par le SNRIU.

Seul le réacteur n°4 fonctionne mais à puissance réduite (690 MWe). Les 5 autres réacteurs soient actuellement déconnectés du réseau. La situation de la centrale reste extrêmement préoccupante. Qu’il soit en fonctionnement ou à l’arrêt, chaque réacteur nucléaire est doté d’un cœur constitué de combustible hautement radioactif. Du combustible irradié est également en désactivation dans les piscines de refroidissement. L’absence de ressources électriques permettant de faire fonctionner les pompes, ou de système de puisage d’eau dans le Dniepr (soit du fait de bombardements, soit parce que les personnels d’exploitation ne pourraient plus accéder au site) pourrait conduire à une situation catastrophique du fait de la perte des fonctions de refroidissement.
Cette situation doit absolument être stoppée, compte tenu des risques radiologiques encourus pour l’Ukraine, les pays voisins ainsi que l’Europe entière.

A savoir : ce matin la CRIIRAD a également publié un message vidéo à destination du grand public.

Réflexions à propos des déclarations de l’AIEA sur la situation en Ukraine

Rédaction : le jeudi 3 mars 2022

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a été créée en 1957 avec une double mission (largement contradictoire) : promouvoir le nucléaire civil et contrôler (dans la mesure de ses moyens) le nucléaire militaire.
Depuis le 24 février, elle publie un communiqué quotidien sur la situation en Ukraine. Dans ces communiqués, qui font état des informations que lui communique l’organisme d’inspection de la sûreté nucléaire ukrainien (SNIUR), l’AIEA n’en finit pas de dire sa « vive préoccupation », sa « préoccupation croissante » et d’appeler à la retenue : « La sûreté et la sécurité des installations nucléaires, ainsi que des matières nucléaires et autres matières radioactives (…) ne doivent en aucun cas être mises en danger ». La réitération des mises en garde sonne comme autant d’aveux d’impuissance.

Dans sa déclaration du mercredi 2 mars, à l’occasion de la réunion d’urgence du conseil des gouverneurs de l’AIEA, son directeur général, M. Mariano Grossi a rendu hommage aux personnes qui continuent de travailler au maintien de la sûreté nucléaire dans « les circonstances extraordinaires d’un conflit armé entraînant des défis et des dangers croissants ».

Il est clair que les installations fonctionnent actuellement en mode dégradé, à des niveaux différents selon leur situation. Comme nous l’évoquions précédemment, la Russie a annoncé qu’elle avait pris le contrôle du territoire qui entoure la centrale de Zaporijjia, l’une des plus puissantes d’Europe avec 6 réacteurs de 950 MWe (juste devant Gravelines).
Le directeur de l’AIEA a rappelé les fonctions qui devaient impérativement être maintenues et sécurisée : en tout premier lieu l’intégrité physique des installations : réacteurs, piscines de combustible nucléaire, entrepôts de déchets radioactifs (elle est évidemment menacée car si l’on peut raisonnablement penser que les centrales nucléaires ne seront pas délibérément bombardées, en situation de guerre rien n’est complètement maîtrisé). Ensuite l’alimentation électrique à partir du réseau (l’une des deux lignes de transmission qui alimente le site de Tchernobyl a été perdue dans la nuit du 2 au 3 mars) et l’AIEA oublie l’approvisionnement indispensable en eau de refroidissement, absolument indispensable que les réacteurs soient en fonctionnement ou arrêtés). Sans compter les chaînes d’approvisionnement logistiques (il faut notamment être en mesure de réaliser toutes les réparations urgentes). Il faut également que tous les systèmes et équipements de sûreté et de sécurité soient, en permanence, pleinement opérationnels. Tout comme le personnel qui doit pouvoir se reposer, se concentrer sur son travail et, pour reprendre les termes de l’AIEA, « prendre des décisions sans pression excessive » (à l’ancienne centrale de Tchernobyl, sous contrôle russe depuis une semaine, le personnel est toujours en poste, soumis à une pression psychologique intense et « moralement épuisé »). Cf. appel des autorités ukrainiennes à l’AIEA.

Comment garantir toutes ces exigences de sûreté au beau milieu d’une guerre ? La situation est inédite et les enjeux colossaux. On peine à imaginer la catastrophe que constituerait un rejet massif de radioactivité qui viendrait s’ajouter à l’horreur de la guerre. L’AIEA a beau souligner qu’il est indispensable de maintenir « des mesures de préparation et de réponse aux situations d’urgence », son appel relève plus de l’incantation que du réalisme.

Dans un tel contexte, la conclusion de l’AIEA va de soi :
« La meilleure action pour assurer la sûreté et la sécurité des installations nucléaires de l’Ukraine et de sa population serait que ce conflit armé prenne fin maintenant. » Malheureusement, ce n’est qu’un vœu pieu. L’AIEA est totalement démunie. Et l’on ne peut que regretter qu’elle n’intègre pas cette problématique à ses réflexions lorsqu’elle œuvre, conformément à ses statuts, pour « encourager et faciliter, dans le monde entier, le développement et l’utilisation pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques

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Pas de coopération en matière de combustible nucléaire Framatome/Rosatom à Lingen en Allemagne !

Lingen Kernbrennstoff


Fin du Nucléaire s’associe à la lettre ci-dessous, qui s’oppose à une initiative commune Franco-Russe. La France et la Russie forment une alliance pour être le fer de lance de l’expansion nucléaire en Europe. Nous pensons que c’est irresponsable !

(Versions en allemand et en anglais )

Lingen, Paris, Moscou, 3 février 2022

Pas de coopération en matière de combustible nucléaire Framatome/Rosatom à Lingen

Arrêtez la production de combustible nucléaire – fermez les installations nucléaires !

En février 2021, la société nucléaire française Framatome a annoncé son intention de créer une coentreprise avec la société nucléaire russe Rosatom à Lingen (Emsland, Basse-Saxe, Allemagne) afin de produire des barres de combustible nucléaire. À Lingen, la seule installation de production de combustible nucléaire en Allemagne est en service. Elle fournit du combustible nucléaire aux réacteurs à haut risque en Belgique, en France, en Suisse, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Suède et en Finlande. Framatome est une filiale de l’entreprise nucléaire française EDF, qui appartient presque entièrement à l’État. Rosatom est une entreprise d’État en Russie – à Lingen, c’est sa filiale TVEL qui est chargée de s’activer.

Dès mars 2021, l’Office fédéral allemand des monopoles et des fusions a donné son feu vert à la coentreprise – une décision politique du gouvernement allemand à Berlin n’a pas été prise à ce moment-là. Le gouvernement a déclaré que toutes les informations pertinentes étaient secrètes après que plusieurs députés eurent demandé ces informations. Cependant, l’agence de presse “Der Spiegel” a rapporté en avril que la filiale de Rosatom obtiendrait une part de 25% de la joint venture à Lingen.

Nous exigeons que les gouvernements français et russe se retirent immédiatement de cette coopération nucléaire en Allemagne. Nous attendons du président Macron et du président Poutine qu’ils respectent la sortie du nucléaire en Allemagne. Cela signifie que l’installation de combustible nucléaire de Lingen doit être fermée complètement au lieu de la maintenir ouverte artificiellement par le biais de cette nouvelle initiative commune.

Nous demandons également au gouvernement fédéral allemand de mettre fin à cette coopération nucléaire et d’entamer la fermeture de l’installation de combustible nucléaire de Lingen. À l’heure actuelle, cette installation de combustible nucléaire est – avec l’usine d’enrichissement de l’uranium située dans la ville voisine de Gronau – la seule installation nucléaire allemande qui n’est pas concernée par l’arrêt officiel de l’industrie nucléaire à la fin de 2022. Depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, l’installation de combustible nucléaire de Lingen n’a pas fonctionné à pleine capacité, car de plus en plus de réacteurs vieillissants doivent être arrêtés. Aujourd’hui, la menace réelle est que Lingen devienne une plaque tournante nucléaire franco-russe pour la fourniture de combustible nucléaire à des centrales nucléaires plus vieillissantes dans un certain nombre de pays européens.

Nous craignons que la coopération entre Framatome et Rosatom n’aboutisse à une externalisation de certaines parties de la production de combustible nucléaire russe vers l’Allemagne – entre autres raisons pour contourner les sanctions sévères de l’UE dans le secteur nucléaire. Rosatom est également impliqué dans des projets nucléaires militaires. Le président français Macron appelle publiquement à un régime plus strict à l’égard de la Russie, mais dans le secteur nucléaire, il ouvre volontiers les portes de l’UE à Rosatom. Que le gouvernement allemand joue le jeu de cette hypocrisie nucléaire est à la fois incompréhensible et inacceptable.

Framatome et Rosatom tentent également de relancer le projet, depuis longtemps abandonné, de construction d’une centrale nucléaire à Belene/Bulgarie. L’installation allemande de Framatome à Erlangen (Bavière) est censée jouer un rôle dans ce plan d’horreur. La France et la Russie forment une alliance pour être le fer de lance de l’expansion nucléaire en Europe. Nous pensons que c’est irresponsable.

En outre, nous exigeons que l’Allemagne, la France et la Russie ne signent plus d’accords concernant l’enrichissement de l’uranium – qu’il s’agisse d’uranium enrichi ou de déchets d’uranium appauvri exportés vers la Russie pour un stockage à long terme en plein air dans des “villes fermées”.

Nous sommes d’accord pour dire que l’Europe a besoin de toute urgence d’un processus de dénucléarisation. Cela implique sans aucun doute la fermeture de toutes les installations nucléaires en Allemagne, en France et en Russie. C’est pourquoi nous sommes farouchement opposés à tout accord qui pourrait conduire à une prolongation de l’âge nucléaire. L’énergie nucléaire est extrêmement dangereuse et ne contribue en rien à l’effort international de protection de notre climat. L’avenir de l’Europe doit être basé uniquement sur les énergies renouvelables. Tous les efforts doivent être canalisés dans ce processus.

Cette déclaration est soutenue par (à partir du 21 juin 2021) :

  • 11 maart beweging, Belgien
  • Aachener Aktionsbündnis gegen Atomenergie
  • Aktionsbündnis Münsterland gegen Atomanlagen
  • Aktionsbündnis “Stop Westcastor” Jülich
  • AntiAtom Bonn
  • AntiAtom-Bündnis Niederrhein
  • Anti-Atom-Forum Lingen
  • AntiAtom-fuku, Düsseldorf
  • Anti-Atom-Gruppe Freiburg
  • Antiatomgruppe Osnabrück
  • Arbeitsgemeinschaft Schacht Konrad
  • Arbeitskreis Frieden Nordhorn
  • Arbeitskreis gegen Atomanlagen Frankfurt am Main
  • Arbeitskreis Umwelt (AKU) Gronau
  • Arbeitskreis Umwelt (AKU) Schüttorf
  • Atomreaktor Wannsee dichtmachen
  • aufpASSEn, Kneitlingen
  • Bayern Allianz für Atomausstieg und Klimaschutz
  • Beyond Nuclear
  • Bielefeld steigt aus
  • Brokdorf akut
  • BISS – Bürgerinitiative Strahlenschutz, Braunschweig
  • BUND (Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland), Bundesverband
  • BUND, Landesverband Niedersachsen
  • BUND, Landesverband Nordrhein-Westfalen
  • BUND, Regionalgruppe Münsterland
  • BUND, Regionalverband Hochrhein
  • BUND, Regionalverband Südlicher Oberrhein
  • BUND, Kreisgruppe Borken
  • BUND, Kreisgruppe Emsland
  • BUND, Kreisgruppe Grafschaft Bentheim
  • BUND, Kreisgruppe Münster
  • BUND, Kreisgruppe Steinfurt
  • BUND Naturschutz Bayern
  • Bundesverband Bürgerinitiativen Umweltschutz (BBU)
  • Bündnis 90/Die Grünen, Kreisverband Borken
  • Bündnis 90/Die Grünen, Kreisverband Emsland
  • Bündnis 90/Die Grünen, Kreisverband Grafschaft Bentheim
  • Bündnis 90/Die Grünen, Kreisverband Steinfurt
  • Bündnis 90/Die Grünen, Kreisverband Warendorf
  • Bündnis 90/Die Grünen, Ortsverband Altenberge
  • Bündnis 90/Die Grünen, Ortsverband Drensteinfurt
  • Bündnis 90/Die Grünen, Ortsverband Emsland Mitte
  • Bündnis 90/Die Grünen, Ortsverband Emsland Süd
  • Bündnis 90/Die Grünen, Ortsverband Gronau
  • Bündnis 90/Die Grünen, Ortsverband Ochtrup
  • Bündnis 90/Die Grünen, Ortsverband Telgte
  • Bündnis für Atomausstieg und erneuerbare Energien Regensburg
  • Bure Zone Libre, Frankreich
  • Bürgerinitiative “Kein Atommüll in Ahaus”
  • Bürgerinitiative Umweltschutz Hamm
  • Bürgerinitiative Umweltschutz Lüchow-Dannenberg
  • Bürgerinitiative Zukunft ohne Atom, Waldshut-Tiengen
  • CANAM (Commission Antinucléaire des Alpes-Maritimes), Frankreich
  • Climate Express, Belgien
  • Comité Régional d’information sur le Nucléaire, Region Pays de la Loire, Frankreich
  • ContrAtom
  • CSFR (Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la Plaine du Rhin), Frankreich
  • Delfina e. V.
  • DFG-VK Münster
  • Die Linke, Landesverband NRW
  • Die Linke, Kreisverband Borken
  • Die Linke, Kreisverband Coesfeld
  • Die Linke, Kreisverband Emsland
  • Die Linke, Kreisverband Grafschaft Bentheim
  • Die Linke, Kreisverband Münster
  • Die Linke, Kreisverband Wendland
  • Die Linke, Kreisverband Steinfurt
  • Die Linke, Ortsverband Gronau
  • Don’t Nuke the Climate
  • Emder Friedensforum
  • Enschede voor Vrede, Niederlande
  • Elternverein Restrisiko Emsland
  • ethecon – Stiftung Ethik & Ökonomie
  • Fin du Nucléaire, Belgien
  • Fossil Free Münster
  • Frauen für den Frieden, Finnland
  • Frauen gegen Atomkraft, Finnland
  • Fridays for Future Münster
  • Friedenskooperative Münster
  • Global Challenges Network
  • Grün-Alternative Liste (GAL) Gronau
  • Grup de Científics i Tècnics per un Futur No Nuclear, Katalonien
  • Ialana Deutschland
  • Initiative 3 Rosen, Aachen
  • Initiative AtomErbe Obrigheim
  • International Socio-Ecological Union, Russland
  • IPPNW (Internationale Ärztinnen für die Verhütung des Atomkriegs – Ärztinnen in
  • sozialer Verantwortung), Sektion Deutschland
  • IPPNW / PSR, Sektion Schweiz
  • IPPNW, Ortsgruppe Münster
  • Klimabündnis Hamm
  • Klimaforum Detmold
  • LAKA Foundation, Amsterdam, Niederlande
  • Nature of Siberia, Region Krasnojarsk, Russland
  • Naturschutzbund Salzburg, Österreich
  • Natur- und Umweltschutzverein (NUG) Gronau
  • Nuclear Free Future Foundation, München
  • Observatoire Remuer, Dieppe, Frankreich
  • Parents for Future, Köln
  • Parents for Future, Solingen
  • Plattform gegen Atomgefahren (PLAGE) Salzburg, Österreich
  • “Program against nuclear and radiological threats”, Russian Socio-Ecological Union,
  • Russland
  • Public Council of the southern coast of the Finnish Gulf, St. Petersburg, Russland
  • RASN – Rhȏne-Alpes sans nucléaire, Frankreich
  • Reiterinnen und Reiter für den Frieden
  • Rhȏne-Alpes sans Nucléaire, Frankreich
  • Robin Wood
  • Sayonara Nukes Düsseldorf
  • Schweinfurter Aktionsbündnis gegen Atomkraft (SWAB)
  • Schweizerische Energie-Stiftung (SES), Zürich, Schweiz
  • SOFA (Sofortiger Atomausstieg) Münster
  • Sortir du nucléaire Aude, Frankreich
  • Sortir du nucléaire Isère, Frankreich
  • Sortir du nucléaire Paris, Frankreich
  • Sortir du nucléaire Suisse, Schweiz
  • Stop Tihange Deutschland
  • Students for Future, Münster
  • Umweltforum Münster
  • Umweltinstitut München
  • uranium-network.org
  • urgewald
  • Vahlberger Asse Aktivisten (VAA)
  • Vivre Sans le Danger nucleáire de Golfech, Stop Golfech, Frankreich
  • Vrouwen voor Vrede Enschede, Niederlande
  • WISE, Niederlande
  • Wolfenbütteler Atom(undKohle)AusstiegsGruppe (WAAG)
  • X-tausendmal quer, Regionalgruppe Hamburg

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La Belgique approche de la fin du nucléaire !

Le réacteur hutois s’est arrêté automatiquement pendant un test le 21/04/2021. Conséquence : le prix du courant sur le marché de gros a battu un record.

LES CRITÈRES SONT REMPLIS. EN PRINCIPE, TOUT EST EN ORDRE POUR FERMER LES CENTRALES !

  • Sécurité d’approvisionnement : “le CRM permettra de garantir la sécurité d’approvisionnement”
  • Impact “limité” sur les prix

    [Illustration : Le réacteur de Tihange2 s’est arrêté automatiquement pendant un test le 21/04/2021. Conséquence : le prix du courant sur le marché de gros a battu un record. C’est le manque de fiabilité des réacteurs éventuellement prolongés qui aurait un impact sur le prix à la consommation ! ]

Le gouvernement n’a pas encore pris sa décision, le débat continue, incluant une stratégie énergétique incluant du “nouveau nucléaire” dans le moyen ou plutôt le long terme…

Le MR (parti libéral francophone, partenaire gouvernemental), apparemment en collusion avec Engie, et la NVA (Nationalistes Flamands, très ultralibéraux et proches de l’extrême droite, dans l’opposition, mais contrôlant plusieurs communes clés) font le forcing pour garder deux réacteurs et proposer l’installation de nouveaux réacteurs… ceux-là même qui, il n’y a pas très longtemps, se disaient totalement favorables à la fermeture définitive du nucléaire en 2025 n’ont donc pas hésité à trahir leur propre parole.

Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, propose mercredi, dans les colonnes de l’Écho, d’utiliser une part des profits de la prolongation du nucléaire pour faire baisser la facture des plus vulnérables et des classes moyennes, groupes qu’il estime menacés en jouant sur les peurs, alors que le rapport précise que les augmentations de prix seront très limitées.

Par ailleurs, tout le monde convient que les actuelles augmentations des coûts de l’énergie n’ont rien à voir avec la sortie du nucléaire… ce n’est pas la petite Belgique qui peut avoir la moindre influence sur ces coûts !

Rappelons enfin que la prolongation coûterait cher : à peu près 1,6 milliards d’euros. Qui va les payer? Pour le moment, Engie refuse ! Sera-t-il possible de mettre à niveau les deux réacteurs pour 2025 et commander le combustible, l’agenda semble plus que serré?
Qui paiera le vrai coût du démantèlement et des déchets ? Et que feront-nous si Engie se déclare insolvable et rapatrie tous ses avoirs à Paris sous la protection de BNP Paribas ?





RTBF 02-12-21 Interview de Jean-Marc Nollet
“Deux questions étaient posées. Il y a deux réponses qui sont amenées”, résume Jean-Marc Nollet. En cas d’arrêt des réacteurs nucléaires, pour la sécurité d’approvisionnement, “il y aura de quoi avoir de l’électricité dans les usines, les entreprises et les familles”, répond Jean-Marc Nollet. Quant au coût pour les consommateurs, il y aura “un maximum par ménage, par an de 15€”, complète le co-président d’Ecolo. En revanche, pour lui, l’autre scénario, celui où le nucléaire resterait une option via la prolongation de deux réacteurs, “vous avez entendu les responsables d’Engie (le gestionnaire des centrales), ils vont faire augmenter les prix. Ils ont besoin d’investissements, il faudra gérer les déchets“, avertit Jean-Marc Nollet.
Et donc, pour le co-président d’Ecolo, “le gouvernement est en capacité de décider politiquement

RTBF 02-12-21 Nucléaire : un rapport très attendu ouvre la porte à une sortie complète dès 2025

7 zur 7 – 01-12-21 Le MR veut utiliser la prolongation du nucléaire pour réduire la facture d’énergie

Mis à jour le 03-12-21 à 16:37

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Manifestation à Kleine Brogel le 26/09/21 pour le retrait des armes nucléaires présentes sur le sol belge

La Belgique héberge sur son sol au moins une dizaine de bombes nucléaires B61.
Nous ne connaissons pas la puissance des bombes belges actuelles, mais c’est certainement plusieurs fois Hiroshima (estimé à moins de 18 kt, soit moins de 18 000 tonnes de TNT).

La B611 est une famille de bombes (A ou H ) allant de quelques kt (armes nucléaires tactiques) jusqu’à 340 kt de TNT, qui peuvent être aéroportées.

Leur présence sur la base de Kleine Brogel est un secret de polichinelle, le gouvernement Belge n’a jamais officiellement ni confirmé ni démenti non plus leur présence, et on aura remarqué que Charles Michel a préféré choisir de commander l’avion de chasse américain F35, qui a la capacité de porter et larguer les bombes en question et sera surtout adapté au nouveau modèle B61-12 !


Des armes nucléaires sont présentes dans l’armée belge depuis 1964, en secret et donc en dehors de tout processus démocratique :

Armes nucléaires en Belgique

Rappel des objectifs de l’association “Fin du Nucléaire” :

  • L’arrêt immédiat des réacteurs belges.
  • Le retrait immédiat des armes atomiques étasuniennes du sol belge.
  • Le désarmement nucléaire.
  • La suppression de l’accord datant de 1959 qui inféode l’Organisation mondiale de la santé (OMS – WHO) à l’ Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA – IAEA), le lobby atomique officiel.

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Peut-on encore reconsidérer la sortie du nucléaire en Belgique ?

Non. Le point de non-retour est atteint, notamment parce qu’Engie ne fera plus les investissements nécessaires à une prolongation des équipements ¹, et que l’Europe vient de donner son accord au mécanisme de rémunération de capacité (CRM). Le seul blocage potentiel est le sabotage des communes flamandes qui en ce moment refusent les permis de bâtir des centrales au gaz d’appoint.

Voici notre réponse aux arguments de l‘article paru en contribution externe dans “le Soir” le 21/08/21, émanant du “think tank Horizon 238” dont le titre exact est “Nous demandons au gouvernement de reconsidérer la sortie du nucléaire”.

Les énergies renouvelables, pierre angulaire de la transition énergétique, ne seront pas suffisantes pour décarboner notre société à temps.” ²

C’est pourtant possible, comme nous le disent Samuel Cogolati (Ecolo), le Pr Ronnie Belmans et Arnaud Collignon (IEW). ³

Mais ce qui est le plus important, c’est que la crise climatique nous montre que nous consommons trop d’énergie et de ressources, et que la première chose à faire c’est de revoir notre mode de vie basé sur l’hyper consommation (de vêtements, gadgets, etc.) et de promouvoir les économies à tous les niveaux.

Par exemple, à Liège, arrêter l’augmentation du trafic aérien et des échanges à grande distance inutiles et même nuisibles à notre économie locale.

La stabilité et l’approvisionnement sont garantis, avant ou sans la sortie complète du nucléaire, grâce au stockage (notamment les batteries, Coo), les connections à l’étranger, et l’utilisation partielle du gaz. Notons que les nouvelles centrales à gaz ont une meilleure efficacité que les anciennes (jusqu’à 63%) et qu’elles pourraient être conçues pour, dans le futur, brûler de l’hydrogène ou de nouveaux carburants (biométhane). Le partage de la production d’électricité à moyenne échelle est la meilleure manière d’équilibrer les productions renouvelables, pour compenser les irrégularités locales de production dues à la météo, notamment.

L’ONU publiait un rapport indiquant que l’accident nucléaire n’avait eu aucun effet néfaste sur la santé des habitants de Fukushima…. et qu’aucun élément scientifique n’avait démontré que l’énergie nucléaire était plus nocive pour la santé ou l’environnement que d’autres technologies déjà incluses dans la taxonomie, telles que l’éolien ou le solaire.

Ceci est complètement faux, les faibles doses de radiation sont nocives, il n’y a pas de seuil en dessous duquel il n’y a pas d’effets, et les dommages sur la santé des habitants et des travailleurs à Fukushima ne sont pas négligeables, tout comme sur la faune et la flore.

Le problème est que l’OMS, l’AIEA et l’UNSCEAR ne peuvent être qualifiés de rapporteurs objectifs dans cette histoire.  Pour ce qui est de Tchernobyl, nous avons reçu de l’association « Les Enfants de Tchernobyl »des informations sanitaires sérieuses venant d’Ukraine et de Biélorussie, qui contredisent l’optimisme des autorités locales et de l’OMS… Les projets entrepris par les autorités sensées protéger la population des dangers de la radioactivité à Fukushima et Tchernobyl sont en réalité des projets d’accommodation Europe à rassurer la population et l’aider « à vivre avec la radioactivité », suivant des calculs discutables qui souvent modifient la vie quotidienne : pas plus d’autant d’heures par mois dans la forêt ou d’autres lieux précis, vivre plutôt à l’intérieur, ne pas manger trop de champignons ou de fruits de la forêt, etc. Et de remonter les normes (casser le thermomètre !) à 20 fois la radioactivité naturelle pour simuler un semblant de normalité…

Nous sommes responsables de nos émissions de gaz à effet de serre et nous ne pouvons pas nous reposer sur nos voisins via le système de quotas d’émissions – l’ETS, et importer massivement gaz et électricité.

Le gaz ne sera pas utilisé massivement, juste pour appoint ! Le système ETS est un projet de partage des productions de CO₂ visant à une diminution collective de la production de CO₂ au niveau européen, il est basé sur un prix du carbone. Comme le gaz est mieux valorisé que le charbon d’au moins un facteur deux, l’utilisation du gaz contribuera à la diminution progressive du charbon en Europe. Le but premier est l’arrêt du pétrole et du charbon pour diminuer le CO₂ de 50% en 2030 et arriver à zéro carbone le plus vite possible.

Notons que les prix de l’électricité et du gaz seront influencés par la transition énergétique et d’autres facteurs , mais ne dépendent en aucune manière de la suppression ou de la non-suppression des deux centrales Tihange 3 et Doel 4. Cependant rappelons qu’à ce stade, la prolongation éventuelle coûtera 1 milliard d’euros au contribuable belge (et pas à Engie !).

Il ne faudrait pas perdre le savoir nucléaire et le projet Myrrha
“La prolongation de deux centrales c’est pas que du CO₂, c’est surtout le maintien de l’expertise belge nécessaire si l’on veut bénéficier des révolutions technologiques nucléaires..
.

À Tihange, les pertes sont estimées à 1000 emplois directs et 2000 emplois indirects, mais 700 emplois sur le site sont garantis pendant plus de 25 ans pour le démantèlement et la gestion des déchets. L’entreposage à sec est prévu pour au moins 80 ans !

Si ce projet Myrrha développé à Mol peut aider à traiter les déchets nucléaires et à diminuer un peu leur dangerosité, pourquoi pas, des déchets, on ne sait plus où les mettre : mais cela n’a rien à voir avec la fermeture ou non des centrales !

L’expertise nécessaire à la création de nouvelles centrales : c’est fini de toute façon pour la Belgique et de nouveaux prototypes de centrales “plus sûres” ne pourront pas être pris en compte avant 20 ans, et nous ne pouvons pas attendre…

La Commission européenne a déclaré le démantèlement comme un pôle d’excellence à développer : le secteur nucléaire peut et doit travailler sur les déchets et le démantèlement, il y a du boulot pour des dizaines d’années même sans aucun réacteur belge en fonctionnement !

Et il en faudra de l’expertise pour arriver à démanteler les centrales dans les délais prévus de manière optimiste soit vers 2045 !



Fin du Nucléaire asbl
Rue J. Servais 58
4430 ANS
Tel. 04 / 27 06 61
info @ findunucleaire.be
https://www.findunucleaire.be/


Notes

¹ En fait, Engie n’a plus l’intention d’investir dans une prolongation des deux réacteurs, mais si cela s’avère nécessaire, Engie pourrait demander au contribuable belge de débourser le milliard d’euros nécessaires, argent qui sera perdu pour l’investissement dans le renouvelable. Les délais techniques d’implémentation du prolongement rendent de plus en plus difficile de garantir la réalisation ce prolongement de manière sûre pour 2025.

² La Belgique consomme annuellement 462 TWh, les centrales Tihange 3 et Doel 4 produisent 15 TWh, soit 3% de l’énergie totale utilisée en Belgique, hors transport aérien et naval.

³ La production de CO₂ augmenterait au niveau belge de 2 à 4 % en 2026 selon le Bureau du Plan, et ensuite décroitrait jusqu’à être en réduction d’un million de tonnes de CO₂ en 2030, selon le Pr Belmans. Ceci bien sûr avec les 2 ou 3 centrales au gaz prévues. Notons que Mme Marghem parle de 9 centrales au gaz et donc de 12 % d’augmentation de CO₂, ce qui n’est plus d’actualité, ce n’est rien d’autre que de l’enfumage !
Extrait de la Dernière Heure du 03/09/21 :


Déjà actuellement, les centrales nucléaires font obstacle à la diminution de CO₂, non seulement parce qu’ils en produisent au moins autant que l’éolien, mais que les réacteurs nucléaires ne sont pas pilotables : lorsque l’éolien off-shore produit beaucoup d’électricité (par exemple la nuit), et que la production excède la demande, et qu’on n’est pas en état de revendre ou de stocker cette énergie, on est obligé d’arrêter les éoliennes, parce que ce n’est pas possible d’arrêter rapidement un réacteur nucléaire… Oui, le nucléaire pêche par son manque de flexibilité, et il est souvent intermittent à cause des nombreuses pannes qui accablent les centrales en fin de vie.


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Le nucléaire, une énergie décarbonée capable de diminuer les émissions de CO₂ au niveau mondial ?

En ce moment où la catastrophe climatique devient évidente, il y a une offensive généralisée des pro-nucléaires pour tenter de nous faire croire que l’énergie nucléaire « décarbonée » serait « la solution » pour limiter l’augmentation des gaz à effet de serre.

Le nucléaire produit aussi du CO₂, et pas en quantité négligeable, c’est très simpliste de dire que parce que la fission nucléaire ne dégage pas de CO₂, la production de chaque KWh d’électricité nucléaire ne génère pas de gaz à effet de serre , appelés GES (1) !

Plus on prend en compte l’entièreté du cycle (2), du minerai (d’uranium mais aussi de cuivre, fer…), du béton, jusqu’au démantèlement et aux “tentatives” de recyclage, plus la part de CO₂ produit augmente….

Vu les différents résultats des méthodes de calcul exposées ci-dessous, nous ne pouvons pas affirmer quel est le « bon » chiffre de la production de GES produit par les réacteurs nucléaires. Mais bien que nous soupçonnons que les chiffres communément acceptés sont certainement sous-évalués, nous ne sommes pas en mesure d’en proposer d’autres qui soient validés scientifiquement.

Nous nous limiterons à une réponse surtout qualitative et compatible avec le consensus général : le nucléaire produit une quantité de gaz à effet de serre (GES) comparable, voire inférieure à l’éolien, mais inférieure aux panneaux solaires photovoltaïques, et bien sûr très inférieures aux énergies fossiles.

L’urgence absolue est de diminuer drastiquement et rapidement les énergies fossiles dans les deux prochaines décennies, dès maintenant si possible !

Cependant, le nucléaire n’est pas une solution à la crise climatique :

Au niveau mondial, le nucléaire est actuellement très minoritaire et même en stagnation, 415 réacteurs, 4,3 % de l’énergie primaire, 10,3 % de l’électricité dont 70 % dans 5 pays (3).

Pour avoir un effet utile sur la réduction de CO₂ au niveau mondial, il faudrait multiplier le nombre de réacteurs par 10 ou 20. (4) Étant donné les coûts de plus en plus élevés de cette énergie et les délais de construction excédant les 10 ans ceci n’est pas compatible avec la situation d’urgence, ni avec les finances de beaucoup de pays, c’est même complètement irréaliste !
Et comme ces nouvelles centrales doivent être réparties sur la planète, cela implique inévitablement un énorme risque de prolifération de l’arme nucléaire, et une augmentation de la circulation de produits très dangereux.

De plus cela nous mènera directement à la fin des ressources en uranium, ou du mois une forte augmentation drastique du coût d’extraction (financier et énergétique), même si les ressources dans l’eau de mer sont énormes, bien que difficilement exploitables actuellement… De plus les réacteurs nucléaires sont en réalité aussi des machines thermiques, 60 % de la chaleur est perdue, et le refroidissement nécessite de grandes quantités d’eau fraîche, ce que les perturbations climatiques rendront de plus en plus difficile…

Pour ce qui concerne le CO₂, au niveau mondial, prolonger les réacteurs actuels ou les remplacer par des nouveaux, c’est une goutte d’eau dans le mix énergétique et c’est gaspiller des ressources que nous devons investir dans de nouvelles solutions, quitte à utiliser dans certains pays comme le nôtre, des centrales à gaz d’appoint. Ces centrales à gaz ne sont pas destinées à remplacer les réacteurs ni à fonctionner en continu, elles seront seulement utilisées en cas de besoin d’un appoint temporaire. Comme le précise le député Samuel Cogolati, leur production de CO₂ sera comptabilisé au niveau européen et compensé dans ce qu’on appelle l’ETS, emission trading system, ou le “système d’échange de quotas d’émission de gaz à effet de serre au niveau européen”. Ce système permet d’échanger des quotas de production de CO₂ entre diverses installations dans un cadre visant à la réduction progressive du total émis au niveau européen. Lire les dispositions légales des quotas ETS, en français .

L’âge moyen des réacteurs nucléaires est de 31 ans, ils arrivent tous en fin de course et deviennent de plus en plus dangereux.

Quels sont les résultats des études sur la question ?

Le GIEC cite en réalité 3 chiffres concernant l’émission de CO₂ par le nucléaire, soit 3.7, 12 et 110 grammes de CO₂ équivalent par kWh électrique. (6) La valeur médiane 12 est la valeur centrale publiée par le GIEC et reprise par les autres institutions officielles. Cette estimation est une médiane (1) et est donc le résultat d’une méta-analyse d’études de cas sur lesquelles le GIEC se repose et qui tiennent certainement en compte peu (3.7), ou un peu plus (110) l’entièreté du cycle. Il n’est donc pas certain qu’il s’agit de l’étude de cycles complets, surtout pour ceux qui ont la valeur minimale.

Les questions suivantes ont été posées au GIEC et à Mr Jean-Pascal Van Ypersele de Strihou:

  • Pourquoi publier une médiane, inexploitable pour nos calculs,  plutôt qu’une moyenne ?
  • Sur quels travaux scientifiques se base le GIEC pur arriver à ce chiffre ?

Nous n’avons jamais reçu de réponse !

Mais selon un professeur belge de l’Université d’Anvers qui a travaillé avec le GIEC  cette organisation n’a ni fait, ni requis, de recherche scientifique pour arriver à ce chiffre de douze grammes (ce n’est d’ailleurs pas son rôle). L’évaluation aurait été faite par l’AIEA, nous n’avons donc pas de source scientifique publiée dans un journal reconnu à comité de lecture !

Cependant nous devons reconnaître que cette valeur de 12g CO₂ eq/kWh, à tort ou à raison, fait consensus et est utilisée comme base de calcul par de nombreux experts.

EDF utilise le chiffre de 6 g de CO₂ eq/kWh, non pas sur base de travaux scientifiques, mais suite à une évaluation faite par …..les services de EDF R&D ! (Certaines autres publications d’EDF en mars 2020 parlent de 4 grammes…). Il se dit aussi qu’en France, de moins en moins d’électricité produite par le charbon et le fuel a été utilisée pour construire les éléments qui composent les centrales françaises, par rapport à la Chine, notamment.

Bref, pas de de base scientifique connue justifiant ce chiffre de 4 ou 6 grammes de CO₂ (7).

L’étude Sovacool, (8) publiée en 2008, basée sur l’étude d’une centaine de cycles complets, suggère que le chiffre réaliste moyen serait de 66 g CO₂ eq/kWh, soit plus que le photovoltaïque ; le maximum trouvé serait de 288 g CO₂ eq/kWh , soit la moitié des émissions de CO₂ du gaz !

D’après l’Université de Liège, cette étude publiée en août 2008 serait maintenant obsolète, et certainement aussi les évaluations antérieures à 2008  !

Ce chiffre de 66 g CO₂ eq/kWh est cependant repris par l’ADEME (Agence de la Transition Écologique [France]) pour l’évaluation mondiale, mais qui conseille la valeur EDF de 6 grammes pour la France !? (9)

Le calcul de la production de GES par le nucléaire est complexe, les résultats pour le monde et pour un pays particulier ne sont pas nécessairement les mêmes, et les diverses méthodes de calcul ne convergent pas vraiment, et le GIEC ne cite pas ses sources…

Il faut en effet tenir compte de tous les flux d’énergie sur de longues périodes, les techniques et les rendements évoluant au cours du temps.

L’enrichissement de l’uranium est plus efficace qu’au début, cependant, plus nous nous rapprochons de l’épuisement des mines d’uranium, plus l’extraction demandera d’énergie et plus le coût énergétique et financier du combustible augmentera !

Il faudrait aussi ajouter les flux annexes de GES (5).

Vu la complexité du problème, il n’est pas possible de refaire ces calculs «manuellement » dans une feuille Excell. Les spécialistes utilisent des bases de données et des applications dédiées aux ACV (Analyse du Cycle de Vie, dont l’évaluation de la production de CO₂ est un des aspects traités). (2)

L’équipe de l’Université de Liège (Chemical Engineering – PEPs) nous en signale deux :
GaBi et sa base de données propre, et SimaPro avec la base de données Ecoinvent.
Conclusion : la première rejoint le chiffre assez faible d’EDF (6 g), la seconde rejoint le chiffre du GIEC (12 g), sous une forme utilisable (une vraie moyenne).

Nous n’en saurons pas plus sur les chiffres scientifiquement reconnus et nous ne pouvons en proposer d’autres, même si nous avons la nette impression qu’ils sont sous-estimés parce que :

  • Seule la fabrication des éléments combustible est prise en compte ; nous savons que le coût énergétique de l’extraction du minerai va augmenter, est-il correctement intégré à ces bases de données ?
  • Les déchets miniers et leurs dégâts n’ont pas été correctement traités dans les pays du Nord, et pas du tout dans les pays du Sud.
  • Le coût de la gestion des déchets sortant des réacteurs est largement sous-estimé, même si dans le futur on espère que l’énergie sera largement décarbonée… On comprend pourquoi les gestionnaires veulent les balayer sous le tapis géologique supposé stable et réduire la maintenance à zéro et les “oublier”. Mais il est hautement probable que les générations futures devront prendre en charge ce fardeau pendant une très très longue période et dépenser des ressources et de l’énergie, et au final le bilan global de l’expérience nucléaire apparaîtra bien sombre…

Conclusion

Tout ceci confirme notre opinion que le nucléaire produit une quantité de gaz à effet de serre (GES) comparable à l’éolien, mais inférieur aux panneaux solaires photovoltaïques, et bien sûr très inférieures aux énergies fossiles. Mais, comme expliqué plus haut, ce n’est en aucun cas une réponse à la crise climatique.


NOTES :

  1. GES : Le CO₂, mais aussi le méthane, l’ozone, et divers gaz industriels (composés chlorés et fluorés…) sont des gaz à effet de serre. Ils sont caractérisés par leur capacité à piéger la chaleur (infrarouges) dans l’atmosphère, et leur effet est aussi pondéré par le temps qu’ils subsistent dans l’atmosphère. Le méthane est beaucoup plus réchauffant que le CO₂, mais il reste moins longtemps dans l’atmosphère..Notons que la vapeur d’eau naturelle participe grandement à l’effet de serre naturel qui réchauffe notre planète et qui nous donne un ciel bleu et nous évite une température de -18 °C. La vapeur produite par les évaporateurs des centrales est bien aussi un GES, mais son effet est limité, car cette petite quantité de vapeur d’eau additionnelle reste très peu de temps en suspens et s’intègre aux processus naturels. Une prolifération de réacteurs (plus de 8000 ?), qui produisent surtout de la chaleur, contribuerait cependant au réchauffement de l’atmosphère et à sa capacité à se charger en vapeur d’eau.
  2. L’analyse du cycle de vie (ACV – en anglais LCA [Life Cycle Analysis]) est une méthode d’évaluation normalisée (ISO 14040 et 14044) permettant de réaliser un bilan environnemental multicritère et multi-étape d’un système (produit, service, entreprise ou procédé sur l’ensemble de son cycle de vie).
  3. Le Prof Damien Ernst de l’Ulg propose effectivement de construire 8532 nouveaux réacteurs, et d’envoyer les déchets sur la lune ! Dans un tweet envoyé lorsqu’il a appris la décision de la sortie du nucléaire en Belgique, il posait la question de la nécessité de mettre les écologistes en prison, “et que même la prison serait une peine trop soft”…
  4. Les flux annexes de gaz à effet de serre sont surtout le fluor et le chlore utilisés durant l’enrichissement. Nous ne savons pas ce que deviennent ces gaz, dans quelle proportion ils sont filtrés, recyclés, ou relâchés dans l’atmosphère. Le SF6 utilisé comme isolant dans les installations électriques des centrale, et les autres gaz fluorés utilisés dans la centrale, ajoutent à peu près 1 % d’équivalent CO₂ au total de la production du réacteur. Un kilo de ce gaz SF6 (hexafluorure de soufre) équivaut à 23500 kilos de CO₂ en terme de pouvoir réchauffant. Comme 100 kg par an sont autorisés, (norme récemment dépassée à Flamanville, soit 102 kg !), chaque centrale peut potentiellement relâcher, en plus du reste, près de 2400 tonnes d’équivalent CO₂ par an. La centrale de Flamanville a produit 6,64 TWh en 2019 soit 6.64*30 milliards de grammes de CO₂, soit donc 199 200 tonnes de CO₂. Le SF6 ajoute donc 2400 tonnes à ce total, soit environ 1,2 %, ce qui est peu. Notons qu’il y a aussi du SF6 dans nombre de centrales électriques non nucléaires, il a la propriété de limiter les arcs électriques.
    En fait il y a d’autres gaz, comme le R134A et le R125, utilisés comme fluides refroidisseurs dans les compresseurs, ou comme fluide anti-incendie. Comme ils impactent moins l’effet de serre que le SF6, le calcul ci-dessus, qui considère qu’il n’y a que du SF6, reste valable et donne une valeur maximale.
    Le tableau des équivalences CO₂ des gaz (à 100 ans !) se trouve à la la page 183 de ce rapport réalisé pour l’ADEME.
  5. Annexe III de l’AR5 du GIEC. p.1335
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Empreinte_carbone_de_l‘électricité
    https://fr.wikipedia.org/wiki/énergie_et_effet_de_serre
    Notez les différences entre les sources…
  6. La médiane d’un ensemble de valeurs liées à des échantillons est une valeur x qui permet de couper l’ensemble des valeurs en deux parties égales : mettant d’un côté une moitié des valeurs, qui sont toutes inférieures ou égales à x et de l’autre côté l’autre moitié des valeurs, qui sont toutes supérieures ou égales à x. La médiane donne une information sur la répartition numérique des échantillons ; cependant elle ne nous dit rien sur la répartition des valeurs dans les groupes Min et Max. Si tous les échantillons Max étaient au-dessus de 100, la médiane resterait quand-même à 12, cela peut induire en erreur !
    La moyenne est très utile car elle nous permet d’estimer l’émission de CO₂ d’un groupe de réacteurs dont on connaît la puissance électrique.
    Par analogie, connaitre la médiane des salaires d’un pays a un intérêt sociologique, mais la moyenne nous permet de recalculer la masse salarial totale, connaissant le nombre de salariés.
  7. EDF voir le document de mars 2020 qui montre l’exception française : de 4 à 6 g CO₂ eq/kWh
  8. Sovacool : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0301421508001997?via ihub et aussi un article du journal Nature.
  9. Dans l’archive 2014 l’ADEME cite Sovacool : https://www.bilans-ges.ademe.fr/static/documents/[Base Carbone] Documentation générale v11.0.pdf page 93. Mais retour au chiffre d’EDF sur la version en ligne actuellement, soit 6 g (après quelques pressions ?…) : https://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?conventionnel.htm.
    Juste en dessous : https://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/renouvelable.htm , l’ADEME re-cite les valeurs mondes de Sovacool, mais nous demande de nous référer à l’annexe III de l’AR5 du GIEC pour les valeurs « monde », soit donc 12 grammes !?


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Arrêt de l’EPR n°1 de la centrale nucléaire de Taishan

Mis à jour de l’historique le 13/12/2021

[Image d’illustration: Centrale nucléaire de Tihange, Belgique]

La fuite est survenue à Taïshan, en Chine, sur le premier réacteur de technologie française, de type EPR, à avoir été mis en service dans le monde.
Cette fuite a été détectée il y a plus de 8 mois, EDF insiste sur la fermeture du réacteur depuis le 14 juin date à laquelle le problème a été rendu publique.

Le 30 juillet 2021Nucléaire-Mise à l’arrêt du réacteur n°1 de Taishan, EDF prend acte” :
L’exploitant de l’EPR de Taishan, en Chine, a annoncé vendredi sa décision de procéder à l’arrêt du réacteur n°1 de la centrale nucléaire, au sein duquel des fuites de crayons de combustible responsables d’une accumulation de gaz rares ont été détectées.

Cette décision de TNPJVC, responsable de l’exploitation de la centrale et coentreprise détenue par China General Nuclear Power Group – ou CGN (70%) – et par EDF (30%), correspond à ce qui serait fait en France dans la même situation, a rappelé EDF dans une déclaration écrite après avoir pris position en ce sens le 22 juillet.

“EDF reste mobilisé pour apporter son expertise dans la mise à l’arrêt du réacteur”, a-t-il ajouté à la suite de l’annonce de la décision par CGN.
Source : Les échos

Le 30 juillet 2021
« Arrêter l’EPR de Taishan-1 est la bonne décision, au vu du risque que fait peser le combustible endommagé sur la sûreté du réacteur. Si les dommages sont suffisamment importants pour déformer des éléments du combustible, ils peuvent compromettre l’insertion des barres de contrôle, ce qui pourrait conduire à un accident nucléaire », analyse Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France.
….
« Si un défaut de conception du réacteur ou du combustible était à l’origine de l’incident sur l’EPR de Taishan, cela compromettrait les 4 projets d’EPR européens, qui cumulent déjà les années de retard et les dérapages budgétaires. Les incertitudes à Taishan montrent que la mise en service d’un EPR est loin d’être la lumière au bout du tunnel que l’industrie nucléaire française nous fait miroiter. La filière nucléaire française est encore une fois incapable de tenir ses promesses. Cela prouve que cette technologie n’est pas la solution dans la lutte contre les changements climatiques du fait des temps de construction, de ses coûts exorbitants et de son imprévisibilité », estime Yannick Rousselet.
Source : Greenpeace

Le 22 Juillet 2021 Il fallait arrêter le réacteur, pour savoir si la cause est un défaut de fabrication de quelques tubes, ou une mauvaise composition du combustible, trop de Plutonium ou d’Uranium dans certaines pastilles dans certains tubes, ou alors s’il s’agit d’une erreur de conception qui crée une surchauffe dans une zone précise. On dirait que pour les Chinois la production est passée avant tout, aggravant même l’exposition possible du personnel à des éléments radioactifs lors des opérations de décontamination du circuit primaire, qui est de plus en plus difficile à mesure que le temps passe….
Plus de détails dans “Le Parisien”

Le 14 juin 2021 : “La centrale nucléaire chinoise de Taishan (EPR) présente une «menace radiologique imminente». Le constat viendrait de Framatome, une filiale du groupe français EDF qui a aidé à construire la centrale et en possède toujours des parts, révèle ce 14 juin CNN. Les fuites sont connues depuis plus de 8 mois.
Framatome est une filiale Américaine du groupe français EDF, qui a aidé à construire la centrale et en possède toujours des parts, et doit rendre des comptes aux autorités Américaines.” Source : le Temps (Journal Suisse)

Le 14 juin 2021 : “EDF parle de “gaz rares” qui n’interfèrent pas avec les tissus vivants.”. Rappelons que le radon 222, qui s’échappe naturellement de nos sols, est aussi un gaz rare dit chimiquement inerte, et radioactif.. C’est un produit de la désintégration du radium, ce dernier étant un élément de la chaine de désintégration de l’uranium, qui se termine avec le plomb 206 (stable). On estime que, par inhalation, le radon est responsable de 10% des cancers du poumon en France, devant l’amiante !

C’est donc de la pure désinformation de nous faire croire que puisque ces gaz “inertes” (mais radioactifs) ont peu d’interactions chimiques, il n’y aurait aucun risque lié à la contamination radioactive interne.

Ces gaz se trouvent dans l’eau du circuit primaire, mais lors du processus de “dégazage”, il finissent quand-même dans l’atmosphère et peuvent être inhalés.
Source : le blog de Fukushima

Le 15 juin 2021 Cette fuite radioactive sur l’EPR chinois est un billard à trois bandes entre Américains, Chinois et Français. Si l’opacité entretenue par le régime chinois empêche pour le moment de connaître les conséquences précises de la fuite radioactive impliquant l’EPR n°1 de Taïshan, révélée hier 14 juin par CNN, en revanche il est d’ores et déjà possible d’analyser le déroulement de cette affaire et d’en prévoir certaines suites.

La défectuosité de l’étanchéité de gaines de combustibles au sein de l’EPR de Taïshan remonte à octobre 2020, c’est-à-dire qu’elle dure depuis plus de 8 mois : les co-exploitants du réacteur, c’est-à-dire les Chinois et les Français de Framatome, étaient de toute évidence parfaitement conscients de la gravité du problème et avaient conjointement décidé d’en cacher l’existence à la population mais aussi à l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique).

Par chance, l’information a fini par “transpirer” vers la filiale américaine de Framatome (Areva NP Inc). Cette dernière, après de très probables discussions avec la CIA et la Maison blanche, s’est fait un plaisir d’en informer CNN. En effet, maintenant que la situation de l’EPR de Taïshan est connue dans le monde entier, il va être compliqué pour les Chinois de continuer à exploiter ce réacteur dans des conditions qui sont très probablement hors de “son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé”, contrairement à ce prétend Framatome (canal Français !) pour ne pas froisser les Chinois. Il est de notoriété publique que la Chine et les USA, les deux plus grandes puissances mondiales, sont en grande rivalité géopolitique et économique.

Il est évident que, si l’EPR n°1 de Taïshan et peut-être son jumeau n°2 devaient être stoppés pour longtemps, ce serait embêtant pour la Chine qui manque par moment d’électricité dans cette région. D’où le “petit plaisir” que se font les Américains en révélant l’affaire. Mais cela resterait tout de même un problème limité pour la Chine où, contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou entendre, le nucléaire est une énergie marginale couvrant moins de 1% de la consommation d’énergie du pays. En revanche, il est très possible que l’industrie nucléaire française soit la grande perdante de cette affaire qui peut représenter un coup fatal pour les projets d’EDF de construire des EPR en France et à l’étranger. En effet, alors que les chantiers EPR organisés par les Français – Areva en Finlande, EDF à Flamanville (Manche) et en Grande-Bretagne – sont de véritables désastres industriels et financiers, les promoteurs du réacteur EPR se raccrochaient désespérément au “bon exemple” chinois. Car les deux EPR de Taïshan ont été construits et mis en service (respectivement en décembre 2018 et septembre 2019) avec “seulement” quelques années de retard et des surcoûts officiellement limités à quelques milliards (selon la communication de la Chine qui, faut-il le rappeler, est une dictature où l’ “information” est totalement contrôlée).
La situation qui a lieu actuellement en Chine montre que, malgré la prétendue maestria des nucléocrates chinois, les EPR de Taïshan ne se portent pas mieux que ceux que les Français tentent désespérément de construire. Cet évènement va assurément semer un énorme doute chez les rares dirigeants étrangers qui envisageaient encore de commander des réacteurs EPR, malgré tous leurs déboires. “

C’est assurément la goutte qui fait déborder le vase, ou plutôt la fuite radioactive qui fait déborder la cuve (défectueuse) de l’EPR…

De même, cette affaire doit amener les dirigeants politiques français (mais aussi finlandais et britanniques) à prendre enfin leurs responsabilités et à stopper définitivement les chantiers EPR d’Olkiluoto (Finlande), Flamanville (Manche, France) et d’Hinkley Point (Grande-Bretagne), et à cesser d’annoncer de futurs chantiers d’EPR en Inde ou ailleurs. Source : Observatoire du nucléaire

Le 17/11/2021 : depuis l’arrêt du 30 juillet 2021, le réacteur est toujours à l’arrêt, pas de nouvelles d’EDF…

Suivant l’article du Canard Enchaîné du 17/11/2021, EDF n’a encore rien communiqué à propos de Taishan, même pas aux autorités compétentes (ASN, IRSN).
Notons que le 31 mars 2021 l’IRSN s’inquiétait d’un « problème de vibrations observés sur différents réacteurs EPR », pouvant provenir d’un problème de conception. Il y aurait peut-être donc autre chose qu’un problème de corrosion ou de de malfaçon des gaines de combustible… De même Bernard Laponche se demande si l’augmentation d’échelle de 1350 à 1650 MW (pour les EPR) n’a pas augmenté les problèmes techniques. Les changements de disposition et de taille des tuyauteries, ainsi que la géométrie de ce « nouveau modèle » pourraient être à l’origine de ces vibrations et peut-être de ces fuites….

En résumé, les causes possibles du problème pourraient être :
– Une malfaçon de certaines gaines de combustible.
– Une hétérogénéité des pastilles de combustible, provoquant un échauffement anormal à certains endroits.
– Une géométrie particulière du système qui provoquerait une distribution imprévue des neutrons, et donc une fission et un échauffement plus ou moins intense à certains endroits.
– Nous apprenons maintenant qu’il y a des vibrations anormales, peut-être dues à la circulation forcée dans les gaines de combustible plus nombreuses et plus longues, vibrations qui pourraient peut-être aussi endommager ces gaines assez minces.

Normalement, après l’arrêt, ils ont du bien voir quelle était la répartition des gaines qui ont fuité et en avoir tiré des conclusions. Que depuis le 31 Juillet 2021 ils n’aient pas fixé ni communiqué sur le problème est assez inquiétant !

Le 28/11/2021, un article nous apprend que l’incident qui a conduit en juillet à l’arrêt d’un réacteur à la centrale nucléaire EPR de Taishan serait dû à un défaut de conception de la cuve, comme l’affirme samedi la CRIIRAD qui dans son communiqué met en garde contre le risque de problème identique sur d’autres EPR. Cette erreur de conception de la cuve provoquerait les vibrations anormales responsables de l’endommagement d’un certain nombre de gaines de combustible. Il se pourrait donc que ce défaut concerne d’autres EPR, à Flamanville par exemple..


Le 03/12/21 La vidéo de la CRIIRAD:


Le 13/12/2021
Article de Reporterre :

« L’ASN a demandé à EDF de prendre en compte le retour d’expérience de cet événement en amont de la mise en service du réacteur EPR de Flamanville. Pour cela, EDF devra soit démontrer que l’EPR de Flamanville n’est pas concerné, soit proposer des dispositions pour prévenir la dégradation du combustible », a écrit l’ASN.

« Il y a encore beaucoup de travail à effectuer sur ce chantier en amont des opérations de démarrage, et le retour d’expérience de l’écart de l’EPR Taishan 1 doit avoir lieu », a expliqué le même jour le directeur général adjoint de l’Agence de sûreté nucléaire, Julien Collet, lors de la conférence annuelle des commissions locales d’information (CLI).


Compléments d’information :

Article de Reporterre !

En France également des assemblages de combustibles endommagés

Communiqué de la CRIIRAD à l’ASN le 25 novembre et à la presse le 28 novembre 2011

Page Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Taishan

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Et si un pays était anéanti par un accident nucléaire ?

Et si le Grand Duché était rayé de la carte après l’explosion de la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine ? À partir de cette hypothèse, ce docu-fiction, disponible ici jusqu’au 19 juillet, amène à réfléchir sur un sujet de société brûlant.

Un accident dans une centrale : le risque zéro n’existe pas (tout le monde l’admet)

Qu’adviendrait-il si mon pays disparaissait, rayé de la carte et rendu invivable, après un grave accident nucléaire ? Une question que s’est posée, en 2016, Nima Azarmgin, citoyen luxembourgeois au moment où le gouvernement du Grand Duché distribuait des pastilles d’iode, réputées prévenir l’apparition de cancers de la thyroïde, à ses habitants. De cette angoisse, les réalisateurs Myriam Tonelotto et Julien Becker ont imaginé An Zéro : comment le Luxembourg a disparu.

Dans ce docu-fiction d’anticipation, des Luxembourgeois paniqués par l’explosion de la centrale nucléaire de Cattenom, en Lorraine, fuient leur pays. Quelques années plus tard, on les retrouve dans un camp de réfugiés du sud de la France. À cette trame scénaristique s’entremêlent les réflexions de scientifiques, de philosophes, d’historiens, d’analystes, de juristes, d’assureur… autour des conséquences politiques, sociales et économiques de la disparition d’un État comme le Luxembourg.

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