Les interpellations citoyennes, ça fonctionne !

Le lobby du nucléaire agit pour le maintien en activité des cinq réacteurs vétustes (plus de 40 ans) ou fissurés et pour une nouvelle prolongation des deux réacteurs les plus « récents », Tihange 3 et Doel 4, qui atteindront leur limite d’âge de 40 ans en 2025 (elle était de 30 ans au départ et a déjà été prolongée de 10 ans par la loi de 2003).

Qu’adviendra-t-il si un accident nucléaire se produit ?

Probabilité de présence d'un nuage radioactif, 30 minutes après l'accident.
Probabilité de présence d’un nuage radioactif, 30 minutes après l’accident.

Tout citoyen a le droit de s’informer sur la façon dont leurs élus et les services publics sont préparés ou non à une telle catastrophe.

Vous êtes un citoyen conscient du risque inacceptable que nous fait courir la filière de l’énergie atomique ? L’asbl Fin du Nucléaire (FDN) vous invite à interpeller votre collège communal sur ce thème.

Concrètement, introduire une demande d’interpellation citoyenne n’est pas compliqué : votre administration communale vous donnera le règlement de l’interpellation ; il varie d’une commune à l’autre selon l’interprétation qui est faite de ce droit inscrit dans le Code wallon de la démocratie locale et dans une ordonnance de la Région Bruxelloise, mais il se traduit toujours en ces 3 étapes :

  • Introduire votre demande pour faire une interpellation (une formalité administrative);
  • Remettre le document écrit de votre interpellation à l’administration communale dans le délai prescrit (souvent 2 ou 3 semaines avant le Conseil communal où aura lieu l’interpellation), en général de 1 à 3 mois après l’étape 1;
  • Faire votre interpellation devant le Conseil communal à la date communiquée par l’administration (la durée accordée pour faire l’interpellation est généralement de 10 minutes maximum, jamais plus et rarement moins).

N’hésitez pas à faire appel à nous (1) pour, par exemple, organiser une soirée d’information préalable sur la question du nucléaire. Contactez-nous aussi pour savoir quels membres de Fin du Nucléaire habitent votre commune afin de vous organiser au mieux.

Sachez encore que, après la première interpellation d’un Collège communal, celui de Liège par Bouli Lanners le 27 novembre 2017, à ce jour plusieurs dizaines d’interpellations ont eu lieu.

Comme Bouli l’explique lui-même, le but, ce n’est pas d’entrer en conflit avec sa commune, ce n’est pas de charger les autorités communales… mais de se rendre compte, par le biais de ces questions, que la situation, que le chaos généré par ce genre d’accident est totalement ingérable !

Plusieurs communes (Liège, Dison, Verviers, Visé, Ottignies-Louvain-la-Neuve, Stoumont…) ont voté des motions demandant l’arrêt immédiat des réacteurs Tihange 2 et Doel 3 ainsi que la sortie du nucléaire (« communes qui disent non au nucléaire »).

La semaine dernière, l’interpellation qui avait été faite à Flémalle a porté ses fruits. Bravo encore à Silvana, simple citoyenne, qui a insisté pour obtenir des réponses à ses questions pendant presque 2 ans.

PS. Les citoyens, en général, sous-estiment le pouvoir qu’ils ont dans les mains 😀 car, sans être eux-mêmes experts, ils posent les questions qui permettent aux élus de prendre conscience, à leur tour, de la réalité du danger.

(1) L’adresse de contact FDN pour les interpellations est icc@findunucleaire.be.

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Le chant des sirènes.

Elles étaient 570… elles avaient à peine 20 ans.

Depuis le 1er janvier 2019, nos sirènes s’étaient tues… aujourd’hui, elles commencent à partir : en 2022, il n’y en aura plus une seule.

Contrairement aux sirènes de la mythologie, qui entraînèrent les marins séduits par leur chant vers la mort, ces sirènes avaient pour but de sauver nos vies en cas d’accident grave… en beuglant un signal d’alerte, reconnu par tous.

Les tests effectués chaque premier jeudi du mois, à 13 h, ne sont plus que souvenirs.

Même si la Belgique a réaffirmé son intention de sortir prochainement du nucléaire, le risque d’un accident grave restera pour longtemps (les déchets seront stockés sur les sites de nos centrales pour presque un siècle).

Certes, un autre système, basé sur l’envoi de mails ou de SMS a été mis en place… mais, à supposer même que vous possédiez un téléphone dit intelligent, qu’il soit toujours chargé, qu’il soit toujours à votre portée, qu’il ne soit jamais en mode silencieux, que vous ayez transmis votre numéro personnel à ce service (c’est le cas de moins d’un Belge sur quinze !), que le réseau ne soit pas saturé (ce sera le cas si un accident grave se produit !), il faudra plus de 2 heures au système avant que le dernier SMS ne soit envoyé !

Ce choix politique, prétextant des économies, en rappelle un autre, datant de 2016 : la destruction d’un stock de masques censés nous protéger d’une hypothétique pandémie… tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’il s’agissait d’une erreur.

Et pourtant, les conséquences de cette nouvelle décision seront bien plus dramatiques lorsqu’un accident majeur se produira chez nous…

Nous ne serons peut-être plus jamais charmés par le chant de nos sirènes, mais, comme les marins qui n’étaient pas informés du danger, nous nous risquerons à une mort prématurée.

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Une nouvelle génération d’ignorants ?

Certains ont voulu nous faire croire que les nuages radioactifs s’arrêtaient aux frontières… d’autres essaient aujourd’hui de nous persuader que, vu que les doses sont plus faibles que celles présentes dans la nature, il n’y a aucun danger à disperser des éléments radioactifs dans l’environnement (1).

Heureusement, parfois, l’ampleur de certains évènements nous ouvre les yeux : la loi impose la consultation de la population autour des réacteurs de Doel dans un rayon de 1 000 kilomètres ! Il faut que les habitants fassent connaître leurs préoccupations quant à la prolongation de la durée de vie de ces centrales… leur impact environnemental les concerne donc effectivement !

Avant l’accident de Three Miles Island, avant l’accident de Tchernobyl, avant les accidents de Fukushima, des experts de l’Organisation mondiale de la santé espéraient voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude, solution la plus satisfaisante, à leurs yeux, pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique (2).

Nul doute que leurs souhaits se sont réalisés. Cette génération est maintenant derrière nous, celle qui l’a suivie également, mais les dégâts sont là : notre société est devenue dépendante d’un excès d’énergie facile… et encombrée de ses déchets mortifères.

Il est temps de tourner la page du nucléaire : faisons passer ce message au-delà des membres de Fin du Nucléaire, même au-delà de nos frontières, pour que la jeune génération s’exprime ici (après avoir lu, éventuellement, cette petite note) et ne puisse jamais, elle, être qualifiée d’ignorante sur les risques qu’elle prend.

(1) que ce soit de l’acier contaminé ou d’immenses quantités d’eau contaminée.
(2) OMS, rapport technique n° 151 — Genève, 21-26 Octobre 1957

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